Mauritanie : un voyage au cœur du désert et des traditions nomades

Nomade et dromadaire en Mauritanie

Mauritanie,

À ta rencontre j’ai perdu mes repères. De dunes en plateaux rocheux, de déserts de sable en déserts de pierres. Tout est minéral. Une immensité désertique qui déboussole. L’infini. L’infiniment grand et l’infiniment petit. Une étendue sauvage aussi belle qu’hostile à perte de vue. De minuscules grains de sable portés par les vents. Un paysage mouvant, éphémère. Rien n’est figé, tout change constamment. Le sable du Sahara dessine ses motifs au grès des courants d’air. Tout est léger. Les tempêtes, elles, balayent le territoire. Pour tout effacer, tout recommencer. La vie ici semble si fragile. Rare est ta végétation mais elle s’adapte. Des palmiers vert émeraude dans un océan doré. Mirages au cœur du désert, tes oasis sont une bouffée d’oxygène. Caravanes de dromadaires et nomades parcourent les sables. Heureux de revoir les voyageurs fouler ton sol. Toi qu’on a si longtemps boudée. Voilà tout ce que tu as à offrir. Voilà tout ce que j’ai eu à voir et à vivre durant les 90 km de ce trek dans l’erg Ouarane et les plateaux de l’Adrar. De la rudesse oui, mais tant de splendeur.

___ Cliché de Mauritanie, photo 1 : Une heure à peine que nous avons quitté Chinguetti, la ville aux portes du désert. Nos pas foulent l’erg Ouarane. Le début d’une longue marche et déjà la promesse d’un voyage hors du temps. Déconnecté et face à soi même. Discrètement, au détour d’une dune, un nomade et son dromadaire traversent l’immensité.

___ Cliché de Mauritanie : La route. La route qui nous mène de Nouakchott à Atar, nous plonge rapidement dans l’ambiance désertique. L’asphalte, d’abord bien noir, s’éclaircit au fil du voyage jusqu’à disparaître sous le sable. Ce sable qui mange tout. De part et d’autre, des paysages ocres, roses, orangés s’étendent à l’infini. Quelques habitations, isolées, sortent de terre au milieu de l’immensité.

___ Cliché de Mauritanie : Au creux d’une vallée, une caravane de dromadaires se dirige tout droit vers l’oasis au loin. Entre les dunes de l’erg Ouarane, quelques maisons et huttes construites à l’ombre des acacias. Aujourd’hui désertiques, elles grouilleront de monde à la récolte de dattes.

___ Cliché de Mauritanie : Les femmes des sables, les vendeuses du désert. Venues de loin, à notre rencontre, pour gagner quelques ouguiyas, la monnaie mauritanienne.

___ Clichés de Mauritanie : Dans l’immensité, contempler le minuscule, l’infime particule. Ces détails qui font le tout. Les textures, les matières, les motifs éphémères qui se déplaceront portés par les vents. Ce vent qui s’engouffre dans les feuilles de palmiers, les fait danser. Mais elles ne le laisseront pas passer. L’oasis restera protégée.

___ Cliché de Mauritanie : Des dunes. Des dunes et des plateaux rocheux. Immenses blocs de grès plantés dans l’horizon. Barrant la route au sable que chaque brin d’air tente pourtant de faire voler jusque vers les sommets. Colonisant la moindre parcelle du territoire dans sa lente et irrémédiable progression. L’esprit vagabonde, l’œil sur l’horizon. Une pensée pour ces terres lointaines, de l’autre côté de l’Atlantique.

 

___ Cliché de Mauritanie : Les pommiers de Sodome sont en fleur. Celui que l’on appelle l’arbre à soie au Sénégal ou l’arbre de Satan au Maroc aime les terres désertiques, arides. La vie végétale est rare dans le désert mais elle existe. En partie toxique, l’arbuste est utilisé de bien des façons par les Touaregs.

 

___ Cliché de Mauritanie : Pas une lumière n’éclaire le désert. Seul notre feu de camp illumine la nuit. Les minces flammes préservent l’obscurité autour de nous. Le ciel, noir se constelle peu à peu de milliers d’étoiles.


Mauritanie : Terre désertique de l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie partage ses frontières avec l’Algérie, le Sahara occidental, le Mali et le Sénégal.

Une superficie de plus d’un million de kilomètres carrés pour seulement quatre millions d’habitants. La faute au désert. Dunes et regs (déserts rocheux) du Sahara s’étendent sur les deux tiers du territoire avant de se jeter dans l’océan Atlantique sur la côte ouest. Un climat désertique chaud et sec qui rend les conditions de vie difficiles dans certaines régions.

Et ce sable qui ne cesse d’avancer, porté par le vent, pour ensevelir cultures et villages.

Le désert de Mauritanie, tout comme le reste du Sahara, fut du temps des grandes caravanes un haut lieu de commerce. Esclaves, épices, or, bijoux et tant d’autres marchandises… Mais aussi un lieu d’échange d’idées et de culture.

Aujourd’hui, les populations, très pauvres, vivent de l’agriculture avec les cultures de dattes, de riz, de millet, de sorgho et de maïs. Ainsi que de l’élevage de dromadaires, bœufs, moutons et chèvres, sans oublier la pêche.

Ancienne colonie française, la Mauritanie est pluriethnique mais c’est avant tout un territoire Maures. La religion est l’Islam sunnite à 99 %. La langue officielle est l’arabe et le français parlé est encore beaucoup utilisé ainsi que dans l’administratif.

Nouakchott est la capitale de la Mauritanie.

La tenue traditionnelle des hommes est le boubou qu’ils portent bleu ou blanc avec un sarouel et un chèche pour se protéger du soleil et du vent. Les femmes, elles, portent la melehfa, un grand voile coloré.


___ Cliché de Mauritanie : Les dromadaires progressent entre les dunes de l’erg Ouarane. Faisant revivre un temps les grandes caravanes du Sahara. Quand le Sahel était un lieu d’échanges commerciaux et culturels. Quand le désert n’appartenait qu’aux nomades.

 

 

 

___ Clichés de Mauritanie : De l’ombre à la lumière. Lignes aiguisées comme des arêtes. Courbes ondulant telles des vagues. Tout devient abstrait. Au loin, sculptées par le vent, les dunes semblent fondre comme une glace italienne au soleil.

 

___ Cliché de Mauritanie : Le vent danse sur le sable endormi. Il le réveille, le modèle, le poli pour dessiner les paysages du désert.

 

___ Cliché de Mauritanie : Avant que la nuit tombe, le ciel se pare de nuances pastels. Le coucher du soleil à l’horizon teinte le sable du désert de rose. Un panorama doux, suave qui s’offre à ceux qui s’aventurent dans les dunes.


Visiter la Mauritanie : Nos conseils et infos pour voyager au cœur du désert.

    1. Pourquoi voyager en Mauritanie ?
    2. Itinéraire d’un voyage dans le plateau de l’Adrar
    3. Faire un trek dans le désert
    4. Visiter Chingetti, la ville des bibliothèques
    5. Marcher dans les dunes de Mauritanie
    6. Feu de camp et bivouac sous les étoiles
    7. Regs, ces grands plateaux rocheux
    8. Tempête de sable, un classique du désert
    9. Les vendeuses du désert
    10. Zarga, la montagne bicolore de l’Adrar
    11. Oasis, une parenthèse enchantées dans le désert
    12. Guides, chameliers… les indispensables
    13. Matériel photo pour un voyage en Mauritanie
    14. Equipement, nos conseils
    15. Infos pratiques pour voyager en Mauritanie

Pourquoi voyager en Mauritanie ?

Pour le dépaysement, voilà l’une des premières raisons pour laquelle choisir cette destination. Voyager dans le désert, est une expérience unique qui vous prend aux tripes ! D’abord en terme de paysages, d’une rare beauté. Dunes de sable à perte de vue, oasis, caravane de dromadaires et nomades parcourant les sables… A seulement quelques heures de vol de Paris, un panorama bien loin de notre zone de confort qui vous met une sacrée claque !

Egalement d’un point de vue personnel. Voyager dans le désert c’est se confronter aux éléments, à la chaleur, au vent. Faire face à l’immensité, se sentir tout petit. Marcher dans les dunes permet de se recentrer sur soi. Poussé dans ses retranchements, on fait face à son moi le plus profond. Réflexion, introspection… le lieu est propice à la méditation voire à la thérapie.

Mais c’est aussi un moyen considérable d’aider les populations. Et c’est un aspect à ne pas négliger quand on choisit son voyage. Délaissée par les voyageurs, la Mauritanie a besoin plus que jamais du tourisme pour faire repartir son économie. On vous explique pourquoi !

La Mauritanie est un des pays les plus pauvres au monde. Et, depuis une décennie, le fossé s’est encore creusé. 10 ans, 10 ans que la destination était classée rouge comme toute la région du Sahel par le Quai d’Orsay. Un décision prise après le meurtre de quatre touristes français à Aleg en 2007 et le retrait du Paris Dakar de l’Afrique. Aujourd’hui, le Ministère des Affaires Étrangères allège ses recommandations pour la région de l’Adrar après avoir observé tous les efforts fournis par les autorités du pays pour sécuriser cette zone touristique. Un travail que l’on doit en grande partie à la volonté de fer de Maurice Freund qui avec Point Afrique a pour ambition de sortir de l’isolement des régions d’Afrique grâce au tourisme. Un travail effectué de concert avec le général Marc Foucaud et le sénateur Jean-Marie Bockel. Donc voilà, depuis le 24 décembre 2017, les avions affrétés par Point Afrique peuvent à nouveau atterrir sur le sol mauritanien à Atar. Cette saison 2018 est un test pour les voyagistes qui espèrent voir repartir le tourisme en Mauritanie, destination auparavant tant prisée des français. Et après l’avoir découverte, on comprend encore mieux pourquoi ! Sans oublier que qui dit touristes, dit pays ouvert sur le monde… voilà un outil majeur pour œuvrer pour la paix.

Itinéraire d’un voyage dans le plateau de l’Adrar

Notre itinéraire ? Un must-have du trek en Mauritanie ! Une randonnée dans le plateau de l’Adrar, une région désertique dont le nom signifie « montagne ou crête montagneuse » en berbère.
Pour des raisons techniques, lors de ce voyage avec Allibert Trekking, nous avons atterri à Nouakchott. Puis, réalisé un road-trip en 4×4 pour rejoindre Atar. C’est là, à l’aéroport international d’Atar que les avions des voyageurs atterrissent classiquement.
Depuis cette ville en plein désert, nous passons devant le fort Saganne au loin, puis nous rejoignons en 4×4 Chinghetti. C’est l’une des sept villes saintes de l’Islam. Ici, le trek commence. Une randonnée de plusieurs jours au cœur de l’erg Ouarane. Avec ascension et traversée des dunes en passant par l’oasis de Lagueila où l’on s’arrête pour pique niquer, les dunes de sable blanc et rose de Mghali pour rejoindre la montagne de Zarga. Puis, franchissement d’un de ses cols et descente par une impressionnante dune géante. Le trek poursuit sa route sur de nombreux plateaux rocheux pour atteindre les oasis de Farès et M’Hairetz. Pour enfin finir sa course, après plus de 90 km de marche, par une baignade dans les eaux de l’oasis de Terjit.

Faire un trek dans le désert

 

 

___ Cliché de Mauritanie : Le désert. 5 jours de trek. 90 km de marche. Un défi pour chacun. Une aventure en commun. Nues, les branches des pommiers de Sodome donnent des allures de fin du monde au paysage.

 

 

 

 

___ Clichés de Mauritanie : Ce matin là, nous plions le campement et reprenons la marche. Tout près du bivouac, un bébé dromadaire. Il est mort dans la nuit. Sans doute saisi par le froid. Tous pleurent le chamelier à qui il doit appartenir. La mort d’une bête est une perte considérable ici. Je n’ai de pensée que pour lui, qui gît là, seul au milieu du désert. Ce désert qui ne laisse aucun répit.

___ Cliché de Mauritanie : Devant nous se dressait un mur au delà duquel on ne voyait pas. Une gigantesque montagne de sable, comme un roc. Comment de la légèreté peut-il naître autant de résilience.

 

 

___ Cliché de Mauritanie : Acacia. L’arbre est majestueux au milieu des sables. Résistant, la sècheresse a peu d’emprise sur lui. Colonisant les oueds du Sahara, il tapisse le sol de ses épines. Et procure un peu d’ombrage aux voyageurs de passage.

 

 

___ Cliché de Mauritanie : Je les revois ces femmes dans leur voile coloré. Leur visage marqué par le soleil et ce regard qui vous percute. Et ce petit bout, qui nous observe, les yeux collés par une conjonctivite. D’où viennent-elles ? Combien de kilomètres ont-elles parcourus ?

 

En quittant Chingetti, la ville des bibliothèques, je ne sais pas à quoi m’attendre. Je me laisse porter par les pas de notre guide Yeslem. Nous entrons rapidement dans les dunes de l’erg Ouarane. Au fur et à mesure de notre avancée, le paysage se fait de plus en plus épuré. Du sable, du sable partout. Au sommet des dunes, une impression d’infini, d’immensité nous envahit.

Loin de la monotonie, le désert est riche, varié. Plusieurs visages. Un même territoire. Et point de lassitude. Derrière chaque montagne de sable se cache un trésor. Quelques acacias, des pommiers de Sodome ici et là, des touffes d’herbes broussailleuses brûlées par le soleil. Des oasis et leurs palmeraies nous apparaissent comme un mirage. De grandes plaines et des étendues sableuses d’une couleur inattendue nous surprennent. Par endroit, le sol rocheux se dévoile quand ce n’est pas de gigantesques canyons. Dromadaires, ânes et même quelques nomades croiseront notre route. Au milieu de ce vaste océan doré, on trouve du sable blanc. Constitué de silice, à la densité plus légère, ce sable reste au fond des vallées à l’abri du vent. Pour info, le sable jaune ou vert est fait d’oxyde de cuivre et le sable rouge lui est fait d’oxyde de fer.

Au milieu de cette démesure, on s’éblouit de l’extraordinairement petit. Les matières, les textures, les motifs nous émerveillent. Les grains de sable portés par le vent, les petites pierres, les morceaux de bois morts. Dans cet espace si grand, sans limite, on se rassure en s’attachant au minuscule, aux détails.

Visiter Chingetti, la ville des bibliothèques

___ Cliché de Mauritanie : Dans la vielle ville de Chingetti, le haut minaret de la mosquée domine. L’architecture est originale, elle vaut le détour. Au sommet, cinq œufs d’autruche, symbole de prospérité.

 

___ Clichés de Mauritanie : Sief Islam nous dévoile quelqu’uns des trésors de la bibliothèque de la fondation Al Ahmed Mahmoud. Livres et objets ont traversé le temps. Plusieurs siècles nous séparent de leur création. Un patrimoine d’exception conservé à Chingetti, la « Sorbonne du désert ».

 

___ Clichés de Mauritanie : Chingetti, au cœur du désert, se bat chaque jour contre l’avancée du sable qui, peu à peu, tente de l’engloutir. Et elle a bien failli s’évanouir sous son poids. En juillet 2003, le niveau d’ensablement des quartiers historiques atteint presque 3 m. Sa chance, être classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

A proximité de l’erg Ouarane, Chingetti est notre première étape. Cette ville mauritanienne pas comme les autres est considérée comme la septième ville sainte de l’Islam sunnite. Important lieu de passage lors des pèlerinages vers la Mecque au Moyen Âge, elle fut aussi un carrefour essentiel du commerce transsaharien à la grande époque des caravanes. Classée au Patrimoine culturel mondiale de l’Unesco, c’est l’une des plus anciennes villes fortifiées de Mauritanie.

On la surnomme « la Sorbonne du désert« . 6000 manuscrits datant de plusieurs siècles y sont conservés dans des bibliothèques par une dizaine de familles. Jadis, le commerce des livres y était très répandu.

C’est ce que nous a montré, avec passion Sief Islam. Dans le patio de la bibliothèque de la fondation Al Ahmed Mahmoud, on découvre une collection de manuscrits et d’objets datant de plusieurs siècles.

Témoin d’un mode de vie traditionnel centré sur la culture nomade, Chingetti est une ville historiquement fondamentale pour la Mauritanie. Mais l’avancée incessante du désert sur cette dernière, la met en danger d’ensablement permanent. La ville est constamment menacée par le sable qui tente de la recouvrir, d’en faire une cité engloutie. Dans la vieille ville, le sable est même monté jusqu’à 3 mètres de haut. Mais Chingetti ne veut pas disparaître, c’est une résistante.

–> À faire à proximité : la visite des peintures rupestres d’Agrou situées près du fort Saganne entre Atar et Chingetti. Ces fresques ont été découvertes dans des grottes par l’explorateur et naturaliste biologiste Théodore Monod. Elles dateraient de + de 3000 ans. Elles marquent la présence de l’homme dans le Sahara mauritanien durant la préhistoire. Des peintures pariétales et gravures rupestres montrant de grands animaux comme les girafes, les éléphants. À cette époque, plus humide, la végétation était plus importante. Mais aussi des danseurs et des bovidés.
–> À faire également, la visite du fort Saganne : Construit spécialement pour le décor du film français « Fort Saganne » avec Gérard Depardieu et Sophie Marceau sorti en 1984, il ne reste aujourd’hui que les ruines de ce fort.
–> Où dormir : À l’auberge Nouatil Tour.

___ Cliché de Mauritanie : Ce soir là, avant de partir pour une longue marche dans le Sahara, nous dormons à l’auberge Nouatil Tour à Chingetti. Le bâtiment couleur sable s’harmonise au paysage. Au petit matin, sous les rayons du soleil, la peinture blanche irradie.

Marcher dans les dunes

___ Cliché de Mauritanie : Le désert de Mauritanie, « le royaume de l’absence ». Les mots de Théodore Monod résonnent. C’est vrai qu’il n’y a pas âme qui vive. Une simple immensité désertique, aussi fascinante qu’hostile. Même en groupe, les longues heures de marche nous mettent face à nous-mêmes. Le corps est mis à rude épreuve, l’esprit divague, entre rêverie et introspection. Au cœur des dunes, les uns sont à quelques mètres quand les autres semblent à une éternité de nous. Entre mirages et trompe l’œil, les distances s’étirent. Tout est proche et pourtant tout est loin.

 

___ Cliché de Mauritanie : L’immensité à perte de vue. Rien dans l’horizon qu’une vaste étendue sableuse. S’orienter n’est pas chose facile. La perte de repères est rapide. Déserts de sable et plateaux rocheux auront raison des voyageurs imprudents. Les dunes, éphémères ne seront d’aucune aide. Seuls les acacias, impassibles, marquent la direction.

 

___ Cliché de Mauritanie : Une vague engourdie, dormante, pétrifiée par le sable. Un océan mordoré. La lame de fond d’une palette de blonds aux tonalités naturelles. Beige, ocre, jaune, sable, ambre, cuivre, moccha, noisette, café, brun.

 

 

___ Clichés de Mauritanie : Minéral, voilà qui caractérise le désert. Le sable, ces particules de roches… Une matière sans vie. Quand la foudre frappe le sol, elle cristallise les grains de sable. Dans le désert, il n’est pas rare de trouver des fulgurites, des « pierres de foudre ». Petits tubes fragiles de verre naturel.

 

___ Cliché de Mauritanie : Les dromadaires sauvages n’existent plus. Ils ont disparu depuis longtemps. Réintroduis à l’ère chrétienne en Afrique du Nord, les dromadaires domestiques sont en nombre dans le Sahel. Les croiser, comme cette mère et son petit, libres de parcourir le désert est toujours un plaisir.

 

___ Clichés de Mauritanie : Aux acacias et pommiers de Sodome, il faut ajouter les coloquintes du désert. Sorte de petites pastèques vertes et jaunes, des fruits très amers et toxiques. On les appelle aussi « melons d’ânes » car eux seuls les consomment. Sans oublier les baobabs, euphorbia balsamifera, surnommés « figuiers de l’enfer ». Dont le latex est lui aussi toxique

 

___ Cliché de Mauritanie : Le sourire d’Yeslem, qui a guidé nos pas tout au long de ce trek dans le désert du Sahara.

___ Cliché de Mauritanie : Des teintes or aux nuances craies du désert, les dunes roses et blanches de Mghali surprennent le visiteur. Au fond des vallées, le sable clair est d’une incroyable blancheur.

___ Cliché de Mauritanie : Photo panoramique. Seuls, devant l’immensité des possibles.

Les dunes sont comme d’immenses vagues en apparence immobiles. Si personne n’a jamais réussi à marcher sur l’eau et bien dans le sable c’est tout aussi compliqué. On essaye plusieurs techniques ! S’attaquer à la dune de face… très mauvaise idée ! La contourner et grimper par une arête. La plupart du temps ça marche mais il y a toujours un moment où l’on s’enfonce aspiré par le sable. Toujours en perpétuelle recherche de l’endroit le plus stable pour poser le pied. Là où le sable est le plus compact pour supporter les pas, pour ne pas finir au creux de la vague.

Et ces particules de sables qui, au fil du séjour, se collent à la peau, dans nos cheveux. Et se faufile partout, dans nos chaussures, nos vêtements, nos sacs… Comme si, tout doucement, nous lui appartenions. Comme si nous ne faisons plus qu’un avec le désert. Il aura d’ailleurs du mal à nous laisser partir. Et si on laisse un peu de nous là-bas, on revient avec un peu de Sahara. Plusieurs semaines après mon retour, je trouve encore des grains de sable dans mes chaussures. Et il en reste encore quelques uns sur mes objectifs photo. Nous naissons poussière, nous mourrons poussière…

En fin de journée, quand le corps lutte contre la fatigue, que les pieds semblent trop grands pour les chaussures, que la foulée se fait répétitive et l’excursion sans fin… c’est là que l’on voit les dunes autrement. Leurs courbes parfaites se font de plus en plus abstraites. Elles ondulent, sans bruit. Tout est minimaliste, épuré. Le son des pas dans le sable disparaît. Seule notre respiration donne le rythme. Tel un mantra sans cesse répété. La douleur dans les pieds, dans les jambes due aux longues errances se dissipe. L’esprit s’évade, avec cette impression de flotter.

–> Info trekking : Ce trek est une randonnée chamelière au cœur du plateau désertique de l’Adrar. 6 jours de marche entre dunes, canyons et oasis. Avec en moyenne 5 heures de trekking par jour pour plus ou moins une quinzaine de kilomètres. S’il y a peu de dénivelé, une centaine de mètres par jour, le trek dunaire est plutôt sportif. Il peut être éreintant à la longue. Randonner dans le sable est plus difficile que sur un sentier classique. Sans compter que le sable entre dans les chaussures. (Voir nos conseils chaussures dans l’onglet équipement ).

C’est pourquoi, il faut bien choisir votre trek. Plusieurs itinéraires sont réalisables avec plus ou moins d’heures de marche par jour. À évaluer en fonction de votre condition physique.

–> Tous les treks en Mauritanie avec Allibert Trekking.

Feu de camp et bivouac sous les étoiles

 

___ Clichés de Mauritanie : Bivouaquer sous les étoiles, au cœur du désert. Après de longues heures de marche, face à soi-même, partager un moment convivial autour du feu de camp. Se réchauffer avec un thé et se raconter des histoires.

Aux efforts fournis dans la journée se substituent les instants de convivialité. Après avoir monté le campement, nous partons chercher du bois d’acacias mort pour faire le feu. Doucement, le soleil descend dans l’horizon. On l’observe se coucher. On contemple ses nuances roses, orangées sur les dunes. Puis, on se réunit au coin du feu. Là, en partageant notre repas, on refait la route de la journée. On se raconte des histoires. La nuit noire, obscure, totale embrasse le désert. Il fait déjà froid, heureusement les flammes sont là pour nous réchauffer.

Le ciel, pur, se dévoile à nos yeux. Des milliers d’étoiles brillent dans la voûte céleste. On n’entend plus que le bruit de l’obturateur, qui se déclenche inlassablement. Le marchand de sable vient de passer, il est tant d’aller se coucher.

– Les « 3 J » du thé maure :

___ Cliché de Mauritanie : Le thé vert à la menthe, un héritage berbère.

Pas de voyage dans le Sahara sans cérémonie du thé. Et rien de mieux que de déguster un thé vert à la menthe après de longues heures de marche dans le désert.
Le thé se prépare avec attention et selon un rituel bien précis. Saviez-vous que si il est servi de très haut c’est pour ré-oxygéner l’eau qui a bouilli afin de faciliter la digestion mais aussi de le faire mousser pour honorer l’invité à qui il est offert.
Mais la tradition ne s’arrête pas là. Pour faire un bon thé, trois conditions sont requises. Ce sont les « 3 J » du thé maure. Jmaa qui signifie la convivialité, le groupe puisqu’on boit le thé à plusieurs. Jamar la braise du feu sur laquelle la théière chauffe. Et Jar le temps, la lenteur de l’infusion.

Le thé est bu plusieurs fois par jour et en trois tournées. Le premier thé est amer comme la vie, le second un peu plus sucré est doux comme l’amour et le troisième très sucré est suave comme la mort.

– Cuisiner la kesra, la galette des sables :

___ Cliché de Mauritanie : Le chamelier cuisine pour nous la kesra, un délicieux pain maure. Une galette de blé cuite dans le sable chaud du Sahara. Un voyage gustatif en terre nomade.

Le soir, à la lueur des flammes et d’une lampe torche, le chamelier se fait boulanger des dunes. Il prépare la Kesra, une galette de farine de blé cuite dans le sable chaud.
Pour la fabriquer le cuisinier mélange farine, levure, sucre et eau qu’il pétrit puis laisse reposer. La pâte est ensuite enfouie sous le sable chaud et les braises. Au bout d’une heure, on retourne la pâte puis on la met à nouveau sous les cendres. Une fois cuite, on extrait la galette du sable. Puis, on enlève les quelques grains encore collés.

Le pain pour le petit déjeuner est prêt. Une croûte épaisse, craquante et une mie moelleuse… Magique et délicieux !

–> Côté cuisine, les mauritaniens mangent essentiellement du couscous, des dattes, du mil, de l’orge, de viande de dromadaire, du mouton, de la chèvre et du bœuf ainsi que du poisson et du fromage caravane ( c’est à dire fait avec du lait de dromadaire que l’on consomme d’ailleurs sous toutes ses formes).
–> Côté boisson, hormis le thé vert on peut aussi déguster du bissap, une infusion à base d’hibiscus.
–> Pas de couverts, on mange avec la main droite. La gauche est impure pour les musulmans.

Les regs, ces grands plateaux rocheux

___ Cliché de Mauritanie : Derrière les dunes, une vaste étendue rocailleuse. Petits et gros cailloux clairsemés sur le sol dans une gamme de bruns. Châtain, chocolat, marron, eben… la roche nuance ses teintes dans un dégradé du clair au foncé jusqu’à l’éternité.

___ Cliché de Mauritanie : Desséchée, la rose de Jéricho attend son heure. Celle où l’eau viendra humidifier ses rameaux pour libérer les graines de ses fruits. Elles donneront naissance à de nouvelles plantes vertes, vivantes, avant qu’elles ne sèchent à leur tour. reproduisant l’éternel cycle de la vie.

 

 

 

Les regs sont des déserts de pierres. Par opposition aux ergs, les déserts de sable où les dunes ondoient. Le terrain de ces plateaux rocheux est jonché de cailloux érodés. Entre les pierres polies par le vent, le sable est encore présent mais il n’est plus l’élément principal. Ces paysages donnent à voir une autre facette du désert, lunaire.

Le sol, constellé de roches brunâtres, semble avoir brûlé au soleil. Le contraste avec les tonalités claires du sable est saisissant. En portant le regard sur l’horizon, le panorama se dégrade du beige doré jusqu’à l’ébène.

Là non plus, point d’ennui ! Chaque traversée de reg est une surprise. Dans ces plateaux rocheux, tombes et sépultures anciennes, clôtures de pierres pour protéger cultures et troupeaux viennent ponctuer le décor. La végétation aussi anime le tableau. Aux vastes plaines arides se superposent herbes touffues, bosquets broussailleux et acacias, là où on l’imagine la terre retient les eaux. Sans oublier la faune, peu visible mais bel et bien là. Furtivement, nous apercevrons une gerboise, un lièvre et un lézard fouette-queue. Trop rapides pour l’objectif !

Pourtant, si le paysage est beau, il n’en est pas moins rude. Sur notre passage, un vent violent balaye le décor. Point de dune pour le stopper. Les acacias ne seront d’aucune aide pour nous abriter.

Tempête de sable, un classique du désert

___ Cliché de Mauritanie : Pas un obstacle pour stopper sa progression. Le vent balaye les étendues sauvages. D’abord avec douceur, puis avec force et rage. Il nous pousse, nous bouscule. Cette terre n’est pas la nôtre et elle nous le fait savoir. Ici, la nature est reine et elle est hostile. La contempler se mérite.

 

Il y a des jours pas comme les autres dans le désert. Des jours qui font disparaître l’horizon, brouillé d’un épais nuage. Des jours où tu n’entends plus rien, même pas tes compagnons de route. Des jours où tu voudrais te cacher et simplement attendre. Des jours où tu ne peux plus marcher, ballotté par des forces immenses. Des jours où tu bouffes du sable par la bouche, les oreilles, les yeux… Il y a des jours pas comme les autres dans le désert, des jours où le vent est roi.

Aux dunes se sont succédés les regs, des plateaux rocheux. Et avec la découverte de ces vastes étendues, lors de notre exploration du désert nous avons aussi rencontré un nouveau partenaire de voyage… le vent ! Au fil du temps, associé aux particules de sable, ce qui n’était qu’une brise s’est transformée en une véritable petite tempête. Faisant du ciel et de tous les champs visibles une perspective brumeuse. Une chance que les bourrasques soient dans notre dos. Car même en marchant dans le sens du vent, on avait du sable dans les yeux… Au fur et à mesure de la journée, le vent devenait tellement fort, intense que le bruit du souffle de l’air sur ma capuche a commencé à m’isoler. Même avec beaucoup de précautions et des protections, j’ai peu sorti mon appareil photo. J’avais peur de l’endommager avec des grains de sable. Des moments où l’on se sent seul face aux éléments déchaînés de la nature. Une nature si belle qu’on aimerait l’immortaliser à jamais. Le soir, protégés des palmiers comme dans un cocon, on a profité des oasis pour se reposer.

Les vendeuses du désert

___ Cliché de Mauritanie : Elles se sont installées là, les vendeuses du désert. À quelques mètres de nous. Hésitantes, elles ont attendu de voir ce que nous faisions. Après quelques échanges, elles comprennent que nous reprenons la route des sables. Alors elles aussi vont continuer. Mais ça nous ne le verrons que le soir, au prochain bivouac, quand elles installeront leurs stands de fortune. Avant de disparaître derrière les dunes pour la nuit et de réapparaître au matin.

Quelques silhouettes se dessinent dans le désert. Un groupe de femmes, elles sont une dizaine, un enfant et leurs ânes. Nous ne les avons pas vu arriver. Comme sorties de nulle part et pourtant on les imagine venues de loin ces femmes qui parcourent les dunes. Elles s’approchent de notre bivouac, s’arrêtent à une dizaine de mètres et s’assoient en tailleur dans le sable. Un tissu sur le sol, quelques objets sortis des sacs et l’échoppe est prête ! Bijoux, saladiers en bois, chèches, jeux… et autres produits de l’artisanat local. En quelques minutes, sous nos yeux ébahis, un souk a pris place dans le désert. Un brin surpris, amusés et admiratifs nous allons à leur rencontre. Ils semblerait qu’elles aient eu vent de la présence de touristes dans le désert. Elles sont parti à notre rencontre pour vendre quelques objets. On joue le jeu. De quoi rapporter des souvenirs, de quoi rapporter des images. Pour ne pas les oublier ces femmes, ces vendeuses du désert.

Zarga, la montage bicolore de l’Adrar

___ Cliché de Mauritanie : Elles se dessinent au loin les crêtes de la montagne de Zarga. D’ici, elles ne semblent pas spectaculaires ces collines abruptes. Même si le contraste du brun de la roche avec l’ocre du sable est frappant. Mais c’est derrière les monts que tout se joue. Que le cœur bât plus fort, que la respiration se coupe, que l’œil observe médusé la féérie du désert.

___ Cliché de Mauritanie : C’est le souffle court, encore stupéfait par tant de beauté, qu’il faut s’élancer. Se jeter à corps perdu dans cette dune géante. La dévaler avec joie et innocence. Celle des bonheurs simples, enfantins.

___ Cliché de Mauritanie : Une fois remis de cette grande émotion. De loin, on jette un œil au paysage. Un dernier regard pour figer l’instant avant d’aller de l’avant. Le cœur léger, prompt à d’autres découvertes

À la sortie des dunes et de l’erg Ouarane, les monts Zarga. Massif gréseux, celle que l’on appelle « la montagne bicolore de l’Adrar », nous servait jusque là de repère dans l’horizon. À première vue, rien d’impressionnant ! On procède à une courte ascension par l’est. Puis, au sortir du col, entre les rochers, on aperçoit la vallée.
Depuis les hauteurs des monts Zarga, la vue est à couper le souffle. Une bonne centaine de mètres nous sépare de la plaine. L’impression d’être sur le toit du monde nous saisit. À perte de vue, les plateaux rocheux qui mènent à Tergit. Sur le versant sud ouest, une immense dune de sable semble vouloir avaler le piton rocheux qui lui est accolé. L’ocre et le brun se font face dans ce camaïeu désertique. L’apparente douceur du sable et la rugosité de la roche se mélangent dans une parfaite alchimie. Les contrastes sont forts. On observe, médusé, cet inimaginable paysage. Puis, c’est l’heure de la descente… en courant. –> Prudence à l’arrivée, de gros rochers sortent du sable.

Il faut s’élancer. Dévaler la pente de cette dune géante qui tente, dans sa longue progression de recouvrir les roches de « la montagne bicolore ». Une course effrénée, sans fin, dans laquelle le sable aspire les chaussures comme si il voulait nous retenir ici, à jamais. Un terrain de jeu pour grands enfants !

Oasis, une parenthèse enchantée dans le désert

___ Cliché de Mauritanie : Le soleil brûle la peau et les coins d’ombre sont rares. Atteindre l’oasis est une nécessité. Refuge, havre de paix… les rares palmeraies sont un paradis en terre hostile.

– L’oasis de Lagueila, la plus belle de toutes :

___ Cliché de Mauritanie : De dunes en dunes, l’immensité du Sahara à perte de vue. Encore une ascension et soudain, au creux d’une vallée, l’oasis de Lagueila. Depuis les dunes, le panorama est saisissant. Les détails graphiques et les contrastes forts. Devant les rangées de palmiers au loin, notre caravane de dromadaires progresse au milieu des huttes inhabitées et de quelques acacias. Le site est désert. Il flotte dans l’atmosphère comme un air de ville fantôme. La guetna, la récolte des dattes, commence en juin. D’ici là, la nature reprend ses droits.

 

Des quatre oueds que nous avons visité sur notre parcours, l’oasis de Lagueila est la plus somptueuse. Un champ de palmiers au cœur des dunes… le mot oasis prend tout son sens. Ici, on prend le temps de déjeuner avant de repartir à l’assaut du désert.

– L’oasis de Farès, retour à la civilisation :

 

Plus loin, après une longue marche dans les plateaux rocheux, on atteint l’oasis de Farès . Ici, on découvre plus en détail les habitations locales, les huttes traditionnelles appelées tikitt. L’été, à l’heure où les mauritaniens ramassent les dattes, l’oasis se réveille. Les familles dorment alors dehors, à la belle étoile, sur une sorte de sommier en bois appelé lit familial. Ce n’est pas la plus belle des oasis mais elle contient une grande palmeraie clôturée car privée, avec de grands champs de palmiers et beaucoup d’habitations qui étaient vides lors de notre passage.

– L’oasis de M’Hairetz, la tentaculaire :

___ Clichés de Mauritanie : L’oasis de M’Hairetz, immense, se déploie entre les montagnes rocailleuses de l’Adrar. Face à nous, de multiples habitations derrière lesquelles la palmeraie se dresse.

 

L’oasis de M’Hairetz est la plus grande du plateau de l’Adrar. Elle fait près de 7 km de long. Palmiers et habitations s’étendent dans la vallée entre deux plateaux rocheux. Nous avons passé la nuit dans des huttes. La tête près de la porte, j’ai quasiment dormi à la belle étoile. Une belle expérience !

– L’oasis de Tergit, la rafraîchissante :

___ Cliché de Mauritanie : Depuis les hauteurs d’un plateau rocheux, l’oasis de Tergit se dévoile à nos yeux. L’épaisse forêt verdoyante recouvre le sol. Le mystère reste entier.

___ Cliché de Mauritanie : Comme pour mieux garder le secret, l’entrée de l’oasis de Tergit ne se révèle pas facilement. Petit passage entre les roches, à l’abri des palmiers, elle n’affirme sa splendeur qu’à ceux qui s’y aventurent.

___ Clichés de Mauritanie : Sous les immenses palmiers qu’on croit toucher les cieux, l’eau fraîche coule dans les bassins naturels. On s’y arrête, on s’y baigne avec bonheur.

___ Clichés de Mauritanie : Sorti de nulle part, un dalmatien se promène dans l’oasis de Tergi. Sa maîtresse est en voyage. Le chien dénote dans le paysage. La scène est irréelle.

On clôture ce trek en beauté dans l’oasis de Tergit. Des bassins naturels bordés de palmiers et de falaises abruptes… un pur jardin d’Eden en plein désert. Après 6 jours de randonnée sous un soleil de plomb, se baigner dans ces sources d’eau douce est un vrai paradis !
–> Récolte des dattes entre les mois de juin, juillet et août. La cueillette est l’occasion de festivités que l’on appelle guetna.
–> Dormir

Poumons verts du désert, les oasis sont comme un vent de fraîcheur. Une douce respiration, une ponctuation au milieu des sables. À l’ombre des palmiers dattiers, le repos du trekkeur. Sous les feuilles, sources d’eau et bassins pour se baigner. Véritable jardin d’Éden.

Guides, chameliers… les indispensables

___ Clichés de Mauritanie : À chaque voyage son guide. Yeslem nous a montré la voie. Celle qu’il faut emprunter dans le désert. Il a tracé notre chemin à travers les dunes et les déserts de pierres. On a suivit ses pas.

___ Cliché de Mauritanie : Mohamed, Ali, Baba et Houmyd nous ont accompagnés sur ce trek. Responsable, guides ou guide en devenir, tous les quatre ont fait partie du voyage. Tout comme deux chameliers et un cuisinier. Tous revoient leurs classiques. Le premier avion de touristes atterrit dans une semaine. Il faut être prêt à faire découvrir le désert.

___ Cliché de Mauritanie : Les dromadaires, ces chameaux du Sahara sont des alliés de taille dans le désert. La bête est imposante, on n’en mène pas large à son approche. À la fin des années 70, une grande partie de la population Maure de Mauritanie était nomade. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une poignée. Les sècheresses répétées et l’attrait des villes ont eu raison d’eux.

Lors de ce trek, guides, chamelier, cuisinier et chauffeur nous accompagnent. Sans eux, tout serait différent. Le désert n’aurait pas la même saveur. Il pourrait même devenir dangereux.

À moins d’être un connaisseur hors pair, un aventurier chevronné ou un explorateur confirmé, ne partez jamais seul dans le désert. Et ne négligez pas la présence d’un guide. Lui seul connaît le terrain. Lui seul connaît la vie nomade. Dans tous les treks Allibert, le guide a une place centrale. C’est lui qui gère son équipe et les voyageurs. Traditions locales, histoire du pays, faune, flore… les guides sont de véritables passionnés qui ont l’envie de faire découvrir leur culture aux voyageurs. Ils mettent le doigts sur un détail invisible à nos yeux de novices, connaissent tous les bons plans et les meilleurs spots à découvrir. Ils sont en lien avec les populations locales, ce qui permet une réelle immersion dans la vie du pays. Et élément fondamental dans le désert, ce sont les seuls à savoir s’orienter dans l’immensité. La boussole des trekkeurs, c’est eux !
Pendant ce séjour qui a eu lieu juste avant la réouverture de la destination aux touristes, nous avons eu la chance d’accueillir avec nous pendant quelques jours plusieurs guides. Après 10 années d’absence de voyageurs,  une formation de remise à niveau leur était donné. Les temps changent, les clients aussi et les attentes évoluent ainsi que les méthodes de premiers secours etc… L’occasion de découvrir les sympathiques guides ou futurs guides Allibert que Patrick, le formateur spécialiste des guides de l’agence, briefait. Au programme, cours théoriques et pratiques dans une ambiance studieuse mais décontracté !

Matériel photo pour un voyage en Mauritanie

– Les objectifs photo :

Pour partir dans le désert et capturer vos souvenirs en image, nous vous vous conseillons d’avoir un appareil photo reflex. J’ai réalisé mes photos avec un Canon 5D Mark III. Avoir plusieurs objectifs est un plus :
  • Un zoom grand angle : cet objectif permet de photographier avec le rendu le plus impressionnant ces grandes étendues désertiques qui vous font face.
  • Un téléobjectif multi-focales : une optique utile pour zoomer sur des détails de dunes, les motifs du sable… Un bon choix pour écraser un peu vos images pour tendre vers l’abstraction.
  • Une focale fixe : on utilise un objectif 50 mm de chez Canon efficace pour photographier les visages et faire quelques portraits. Pensez à demander l’autorisation aux locaux avant de les prendre en photo.

– La photo de nuit :

Photographier le ciel dans le désert est une expérience unique ! L’absence de ville, de pollution lumineuse à proximité… offre un ciel pur. L’occasion de photographier les étoiles, les feux de camp, tentes et autres bivouacs. Et pour réaliser de belles photographies de ciels étoilés, pensez à emporter un trépied.

– Les batteries :

Dans le désert, pas d’électricité ! Il vous faudra impérativement plusieurs batteries de rechange. Cela peut dépendre du nombre de photos que vous faites habituellement. Pour ma part, en tant que photographe ( l’œil toujours sur l’objectif ou presque ), j’avais prévu une batterie par jour. Pour le moment, il n’existe pas de solution moins onéreuse que d’acheter plusieurs batteries. Je travaille avec du Canon mais j’avais choisi d’acheter un modèle de batteries compatibles avec mon appareil Canon mais d’une marque générique, moins chères. Des recharges solaires existent. À mon sens, elles ne sont pas encore assez puissantes et bien trop chères pour être intéressantes.

– Les conditions météo :

La Mauritanie est un sublime pays. Une destination parfaite pour les passionnés de photographie. Pour autant, il faut se méfier d’un redoutable duo : le sable combiné au vent. Il s’infiltre partout et il suffit de quelques grains de sable pour enrayer la belle mécanique. A titre d’exemple, lors de notre voyage, l’un des participants a vu l’un de ses objectifs ne plus faire la mise au point à cause du sable. Pour éviter ce genre de problème, plusieurs solutions et conseils pour protéger votre matos photo :
  • Ne pas laisser son sac photo grand ouvert ou posé à même le sable quand vous changez d’objectifs.
  • Changer d’objectifs à l’abri du vent. Personnellement, j’évite même de le faire par grand vent.
  • Protéger son boitier et son objectif avec un pare-pluie adapté pendant vos prise de vue. Ça limite les particules de sable qui viennent se loger sur votre appareil. A défaut, utilisez un sac poubelle. C’est bien moins efficace mais ça limite la casse.
  • Acheter des sacs de congélation qui se ferment hermétiquement avec un zip. Placer un objectif dans chaque sac que vous fermez bien. En cas de tempête, votre matériel est sauvegardé.
  • Prendre une soufflette et une petite brosse pour nettoyer le sable à la fin de chaque journée (lien amazon).
  • Pour éviter de se retrouver avec des rayures sur la lentille frontale de votre objectif à cause du sable, vous pouvez placer un filtre ND ou un filtre polarisant. D’autant que c’est aussi très sympa pour sublimer les ciels bleus de Mauritanie.
  • Avoir un sac hermétique avec des bonnes fermeture à glissière qui ne s’encrasseront pas avec le sable. Je travaille depuis longtemps avec des sacs photo Lowepro. J’en ai testé plusieurs. Depuis un an et demi j’ai le même modele,le Pro tactic AW 450. J’ai fait plusieurs déserts avec et il tient parfaitement la route. J’utilise aussi la cape de pluie fourni pour protéger un peu plus le sac lors des tempêtes de sable.

Et en bonus, un tuto vidéo ! Merci à Hervé Doulat de 1628 Films pour cette collaboration.

Equipement, nos conseils

– Randonnée chamelière, le choix du sac de voyage :

Pour une randonnée chamelière en Mauritanie, il faut prévoir un sac souple sans roulette de grande contenance. Pourquoi ? Parce que ce sont les dromadaires qui vont les porter. Et il n’est pas question de les blesser ou de leur imposer une charge trop lourde. J’ai opté pour ce sac de voyage Décathlon. Ultra pratique pour ce type de trek et pas cher. On peut aussi le porter en sac à dos, il est totalement souple, étanche à l’eau et au sable et la capacité est adaptable jusqu’à 60 litres.

Prévoir également, un sac à dos pour vos affaires de la journée ou un sac photo pour votre matériel photographique.

– Trekking dans le sable, avec quelles chaussures ?

J’ai réalisé tout le trek en chaussures de randonnée. Ça se fait et c’est très bien adapté pour les plateaux rocheux. Cependant pour la partie dune c’est un peu plus complexe. Le sable s’accumule dans les chaussures, compressent le pied et bonjour les ampoules ! J’ai été obligé d’enlever mes chaussures une bonne vingtaine de fois par jour. L’idéal ce sont les sandales de trek avec lesquelles le sable entre et sort sans trop gêner les pieds. Dans ce cas, il faut également porter des chaussettes. Un style top moumoute mais bon vous serez plus à l’aise et ça protège les pieds. De leur côté, les guides font le trek en tongs. Si vous avez l’habitude d’en porter souvent, c’est une bonne option. Par contre, il faut faire attention aux épines d’acacias que l’on trouve partout dans le sable.

– Excursion dans le désert, je mets quoi dans mon sac ?

  • Des vêtements légers et amples en journée pour être à l’aise lors du trek et des fringues bien chaudes pour le soir car les nuits sont très fraîches. En hiver, une veste de montagne type coupe-vent et une polaire pour les soirées au coin du feu. Vous voyagez en pays musulman, respectez les us et coutumes des populations. On évite le mini short !
  • Un duvet bien chaud car les températures peuvent descendre jusqu’à zéro pendant la nuit en hiver. Ne négligez pas la qualité.
  • Des lunettes de soleil profilées pour le vélo ou la montagne. Si il faut protéger ses yeux du soleil, il faut aussi les préserver du vent et du sable. L’option du masque de ski n’est pas à proscrire lors des tempêtes de sable, j’ai regretté de ne pas y avoir pensé.
  • Un chèche : c’est le chapeau local. Les guides vous montreront comment le mettre. Le chèche sert pour tout : protéger du soleil, du sable, du vent, du froid… c’est le top !
  • De la crème soleil. Même quand le ciel est voilé, protégez-vous, les coups de soleil sont fréquents. On ne prend jamais assez soin de sa peau.
  • Des pansements, des Compeed pour les ampoules. Au bout de plusieurs jours de marche, difficile de ne pas en avoir.
  • Du sérum physiologique ou du collyre pour nettoyer les yeux pleins de sable.
  • Des lingettes bio-dégradables pour se faire une toilette de chat ( à mettre dans un sachet plastique dans son sac pour les jeter plus tard pas dans la nature ! ).
  • Du gel Hydro-alcoolique pour se laver les mains.
  • De l’immodium, on est jamais à l’abri d’une tourista !
  • Des pastilles hydroklonazone ou micropur pour traiter l’eau
  • Une lampe frontale pour se déplacer la nuit lors des bivouacs.

___ Cliché de Mauritanie : Le sable, dans son irrémédiable colonisation des terres, nous rappelle qu’ici, c’est la nature qui décide. Effacer la trace des hommes, tel semble être son but.

 

 

___ Cliché de Mauritanie : Un coffre en bois pour transporter le thé, les théières et les verres. Un coffre qui marque l’importance du breuvage dans la vie mauritanienne. Un trésor dont on se délecte à l’image de la Mauritanie.

Infos pratiques pour voyager en Mauritanie

– Climat :

En Mauritanie, le climat désertique est chaud et sec. Aux journées chaudes voire étouffantes de l’été se succèdent les nuits froides de l’hiver. De juin à août les températures atteignent facilement les 40 degrés quand de décembre à mars elles tournent autour de 29 degrés. L’hiver est la meilleure période pour voyager en Mauritanie même si la nuit il peut faire 0 degré. Pour faire un trek en Mauritanie, il faut privilégier les mois de janvier, février et mars. Car dès le printemps, les températures grimpent.

– Sable :

Le vent peut se transformer en tempête de sable. Soyez vigilants ! D’une part car le sable s’infiltre partout. Il faut donc faire attention à votre matériel électronique, ainsi qu’à vos yeux… Mais aussi car il peut entraîner une perte de repères.

– Formalités :

Pour voyager en Mauritanie, il faut un passeport valable 6 mois après le retour en France avec au moins une double page vierge. Ainsi qu’un visa biométrique obligatoire et délivré sur présentation du passeport à l’arrivée à l’aéroport d’Atar. Ce dernier est valable 30 jours et vaut 55 euros, payable en espèces. Pour les voyageurs mineurs, un passeport individuel est désormais indispensable.

– Sécurité :

Comme expliqué plus haut, la Mauritanie est de nouveau accessible aux voyageurs sur une partie de son territoire comprenant la côte et la capitale de Nouakchott pour s’étirer sur le centre du pays. L’est de la Mauritanie englobant les frontières avec le Sahara Occidental, l’Algérie et le Mali sont encore formellement interdites. Cependant la zone touristique située dans le plateau de l’Adrar est parfaitement sécurisée. Avant chaque séjour, vous pouvez vous rendre sur le site du Ministère des Affaires Etrangères pour prendre le pouls de la situation géo-politique du pays. Comme pour tout voyage, inscrivez-vous également sur le fil d’Ariane. Pour ce type de destination, favorisez les voyages en groupe. L’emploi d’un guide est également recommandé pour visiter le pays.

– Vols :

Grâce à Point Afrique, un vol direct hebdomadaire rallie Paris à l’aéroport d’Atar en 5h30. Départ tous les samedi.

– Décalage horaire :

L’été, le décalage horaire est de moins 1 heure et en hiver, il est de moins 2 heures.

– Devise :

La monnaie du pays est le ouguiya mauritanien, MRO. Pour les paiements, la carte bancaire n’est pas acceptée. Le plus pratique c’est d’emporter des espèces en euros ou dollars.

– Prises électriques :

Aucun problème, l’électricité est en 220 V et les prises correspondent aux nôtres. Par ailleurs, dans le désert, impossible de recharger les batteries des téléphones, ordinateurs et appareils photo… Prévoyez-en un usage restreint ou mettez plusieurs batteries dans vos bagages.

– Réseau téléphonique, internet :

Dans le désert, il n’y a quasiment aucun réseau. Seuls les téléphones satellites fonctionnent. Voilà l’occasion d’une bonne digitale detox !

– Pourboires :

Comme dans beaucoup de pays, il est d’usage de laisser un pourboire aux chauffeurs, guides, chameliers, cuisiniers… Pour les guides, compter 15 à 20 euros par semaine et par personne. Pour les chauffeurs de 1 à 2 euros par jour et par personne.

– Mendicité :

On ne le dira jamais assez mais donner aux enfants qui mendient n’est pas une solution. Si vous souhaitez les aider, faites vos dons aux associations, écoles, dispensaires, chefs de village afin qu’ils soient distribués aux plus démunis.

– Les dangers du désert :

Le désert est beau mais il n’est pas sans danger. La chaleur, la déshydratation peuvent entraîner une perte de repères. Ne partez jamais seul. Emportez toujours avec vous de la nourriture, de l’eau, un GPS et/ou une boussole. Le réseau est quasi existant, seul un téléphone satellite permet d’assurer votre sécurité. Pour s’orienter dans le désert, nous vous fiez pas à la forme des dunes. Le vent modifie constamment les paysages du désert. Il faut se repérer aux acacias. La présence d’un guide est fortement recommandé. D’une part, à moins d’être un fin connaisseur du désert cela peut éviter bien des drames, d’autre part c’est un revenu non négligeable pour les mauritaniens. Attention également aux petites bêtes ! Notamment aux vipères et scorpions. Vérifiez vos chaussures avant de les enfiler le matin.

– Faune :

Quand le Sahara était plus humide et la désertification moins avancée, girafes, éléphants et autres grands animaux étaient présents en Mauritanie. Aujourd’hui, on peut découvrir quelques animaux essentiellement domestiques comme les ânes, les chèvres, les moutons et les dromadaires. Mais aussi, si vous avez de la chance, gerboises, chacals, fenecs, lièvres et reptiles…

– Flore :

Au cœur des 80% de terres désertiques, la végétation est rare mais elle existe. Steppes et savanes se partagent le panorama. Acacias, pommiers de Sodome, « herbes à chameaux » qui poussent en touffes, melons d’ânes, baobabs dont le fruit que l’on appelle le « pain des singes » est utilisé pour faire une boisson poussent tant bien que mal ici et là. Sans parler des oasis et de la culture du palmier dattier qui fleurissent dans le désert.

 

 

 

Le mot de la fin : Le désert de Mauritanie est un territoire unique, d’une rare photogénie.

Une surprise à tout instant. Et que dire de son peuple, si chaleureux, accueillant ! Il faut vivre la Mauritanie. Foncez !


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Retrouvez toutes les infos sur ce voyage en Mauritanie sur le site d’Allibert Trekking, ainsi que de nombreuses autres randonnées. Et pour plus de renseignements pour voyager en Mauritanie, rendez-vous sur le site de l’Office du tourisme. Ce voyage est le fruit d’un partenariat. Le choix du contenu éditorial de cet article nous revient.


Photos © Christophe Levet

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