Castellon, de la mer aux montagnes

Lucena del Cid à Castellon

Castellon, je contemple tes deux visages comme les deux faces d’un miroir. L’image renvoyée. La réalité. Tes rivages urbanisés et tes terres ignorées. De tes côtes ensoleillées, je connais les grandes plages et les stations balnéaires. De ta terre je ne savais rien. Je ne savais rien des champs d’oliviers qui s’étendent à perte de vue. Des arbres millénaires. Sinueux, torturés, pareils à des chimères qui frôlent la démesure. De leur feuillage qui scintille sous la lumière. Des cultures d’artichauts qui colorent le paysage en bleu argent. Des orangers qui parent de vert ton territoire. Je les imagine en fleurs, quel bonheur ! Je ne savais rien des villages accrochés aux montagnes, des rivières bucoliques. De tes monts enchantés où flore et faune florissent. Des pins, du romarin qui parfument tes collines. Je ne savais rien des ermitages, des tours et des châteaux qui dominent ton monde. Je ne savais rien de tes routes ondulantes, ni de tes pistes carrossables. Je ne savais rien de ton caractère sauvage, des tes contrées pittoresques et de tes mille richesses. Castellón, je ne te connaissais pas. Tu m’as émerveillée.

Oliviers de Castellon


Castellón : Dans la communauté de Valencia, la province de Castellon borde la côte est de l’Espagne. 120 km de littoral qui font face à la mer des Baléares dans la Méditerranée. Des plages et 300 jours de soleil par an, voilà de quoi attirer les vacanciers. Des plages de sable, de galets ou des criques, accessibles facilement et dont 25 sont sous pavillon bleu pour la qualité de leurs eaux. Le tourisme balnéaire bat son plein.

Rural, l’arrière pays regorge de trésors. Moins fréquenté, il n’en reste pas moins passionnant. Loin de l’agitation des villes, il offre aux voyageurs un tourisme pittoresque, proche de la nature et de l’homme.

Les plaines sont couvertes de cultures, les villages ont du caractère et les montagnes s’étendent à perte de vue. C’est d’ailleurs la deuxième province la plus montagneuse d’Espagne. Le sommet le plus haut, le Penyagolosa, s’élève à 1814m.

Les terres agricoles dans les vallées paysannes sont aujourd’hui le symbole de ce qui fut une économie de subsistance. Champs d’oliviers dont certains sont millénaires, orangeraies qui ont donné leur nom à cette côte, la Costa dels Tarongers, artichauts qui ont remplacé les vignes malades… Le plus étonnant reste les rizières dans les marais dont le riz est utilisé pour la traditionnelle paëlla, plat typique valencien. 

Un paysage riche qui a permit à Castellón de classer 8 parcs naturels soit 65000 hectares protégés : le parc naturel de la Sierra Espadán, de la Sierra Calderona, de la Serra d’Irta, du Desierto de las Palmas, du Penyagolosa, de la Tinença de Benifassà, du Prat de Cabanes-Torreblanca et des îles Columbretes. De quoi découvrir la nature sauvage et préservée de la province.

Châteaux, ermitages (+ de 300 dans la province de Castellon)… le patrimoine architecturale compte les influences ibères, romaines, arabes et chrétiennes dont les cultures se sont tour à tour succédées sur ces terres.

Plages et sports nautiques font l’apanage de Castellón mais on peut aussi s’y rendre pour le golf, le vélo et la rando. Sentiers de petite randonnée (100 PR), sentiers locaux (40) ou GR… Castellón compte pas moins de 1000 km de chemins.

La province de Castellón est aussi réputée pour sa céramique. Depuis plusieurs siècles, avec ces azulejos (carreaux de faïence décorés), elle est le moteur économique de la région. 

Côté faune, on trouve des chèvres hispaniques, des vautours, des buses, des faucons, des aigles…

Castellón, une province entre mer et montagnes.


Visiter Castellón, 13 choses à faire et spots à découvrir dans cette province de Valence :

  1. Le parc naturel de la Serra d’Irta
  2. Castilllo de Xivert, une vue panoramique sur les terres agricoles
  3. Peñiscola, une ville dans la mer
  4. Canet Lo Roig et les oliviers millénaires
  5. Le sanctuaire de Nuestra Señora de la Fuente de la Salud à Traiguera
  6. La Ruta dels Molins d’Aigua
  7. Dormir dans les montagnes
  8. Vistabella del Maestrat
  9. Le parc naturel du Penyagolosa
  10. El desierto de las Palmas
  11. Benicàssim
  12. Castellón de la Plana
  13. À faire également à Castellón
1 – Road trip dans le parc naturel de la Serra d’Irta, la côte sauvage de Castellon

La Torre Badum domine les côtes sauvages de la Serra d’Irta depuis les hauteurs.

 

Serra d'Irta à Castellon

Marta, guide chez Itinerantur à Castellon

Marta, notre guide Itinerantur qui nous a accompagnée tout au long de ce séjour et fait découvrir les paysages de Castellon.

 

La plage d’Irta couverte de coquillages.

14 km de côte vierge et sauvage, une exception sur le littoral espagnol.

Pas un centimètre de béton dans cette zone de Castellon où la nature reste préservée. Parc naturel depuis 2002, la Serra d’Irta se partage entre maquis méditerranéen sculpté par le vent, criques et falaises de calcaire. Au total, ce n’est pas moins de 7700 hectares terrestres et 2400 marins de territoire protégé. Classé pour la richesse de ses espèces végétales, on trouve dans le parc beaucoup de palmiers nains, des pistachiers lentisques, des orpins de Nice (une plante comestible que les bergers mangeaient pour faire passer la faim), des caroubiers dont la farine était très utilisée durant la guerre civile, du limonium à fleurs violettes et blanches, des oliviers, des figuiers, de la salsepareille (zarzaparrilla, une plante grimpante aux racines énergisantes d’où l’on tire une boisson, sorte de Coca Cola crée à Aielo de Malferit où est d’ailleurs né le chanteur espagnol Nino Bravo). Sur les falaises, on peut distinguer les couches de sédiments formés par les crustacés au fil des ans alors que plus loin la roche s’est façonnée en conglomérat. Sur certaines parties de la réserve, la pêche au chalutier comme la pêche à la canne sont interdites. On trouve une tour de guet dans la serra d’Irta, la Torre Badum qui domine la méditerranée, 97 m au dessus de l’eau. Cette tour du XVI ème siècle est située à 7 km au sud de Peñiscola. De la même façon qu’à Majorque et comme les 69 autres tours de la côte valencienne, elle servait à protéger des attaques pirates. Grâce à des signaux réalisés à l’aide du feu et un jeu de miroir, elle permettaient de communiquer et d’avertir le reste du pays d’éventuelles invasions. Aucune porte, pour accéder dans la tour il fallait se hisser à l’aide d’une corde. De l’huile chaude était jetée des fenêtres pour éloigner les ennemis. Une famille habitait là. Cette tour fut en fonctionnement pendant deux siècles. Un peu partout dans le parc, il y a des bassins pour les amphibiens. L’eau permettant aux animaux de s’abreuver. C’est malheureusement aussi une belle manière d’attirer les bêtes pour la chasse.

 –> A faire : Une piste caillouteuse longe le littoral de la Serra d’Irta, un itinéraire idéal pour un road trip à Castellón. Quelques view points sur le chemin et de belles criques où se baigner. Les vélos VTT, peuvent remplacer la voiture mais il faut une bonne condition physique car ça grimpe ! De nombreux sentiers de randonnées parcours le parc. La plus belle façon d’observer le littoral reste depuis la mer. Plongée, snorkeling, kayak de mer, voile… les activités nautiques donnent un point de vue différent sur le Serra d’Irta et c’est l’occasion de contempler la faune et la flore marine depuis la Ruta Submarina de la Platja del Pebret. Côté farniente, deux plages de sable dont Platja del Russo, une plage de coquillages la Platja d’Irta ainsi que quelques criques. 

–> Accès : Depuis la AP-7 ou la N-340, où l’on accède à Peñiscola, puis on emprunte la Carretera del Pebret qui longe le bord de mer jusqu’au Camí de Ribamar. Ou par la CV-142 qui rejoint Alcossebre.

–> Guides et visites : Pour visiter la Serra d’Irta et les environs de Castellon, nous vous conseillons les guides de Itinerantur (traducteurs de paysages) pour des visites culturelles ou en pleine nature. Plus d’infos : itinerantur.com

2 – Castilllo de Xivert, une vue panoramique sur les terres agricoles de Castellon

Le château de Xivert au littoral et à la Serra d’Irta qu’il surplombe pour contempler les terres agricoles.

Vallée agricole de Castellon

Au loin, on distingue le village d’Alcalà de Xivert.

Clocher du village d’Alcalà de Xivert

Clocher du village d’Alcalà de Xivert.

Sur la colline, au dessus du village d’Alcalà de Xivert, se dresse les ruines d’un ancien château musulman. Possession des Templiers depuis le XIII ème siècle, la forteresse avait déjà été donné à l’Ordre du Temple dès 1169 alors qu’elle était encore occupée par les arabes. Le château, situé sur le flanc ouest de la Serra d’Irta est tourné vers la terre pour surveiller le peuple de Castellón.

De là haut, on observe la vue sur les environs. Un territoire rural où l’on mixe les variétés pour préserver la biodiversité et éviter les maladies sur les grandes cultures.

–> A faire : Pour observer la vue sur la campagne de Castellon. Une mer d’oliviers, des figuiers, des grenadiers, des pins partout sur la montagne, les villages et les routes…

–> Accès : Par le Camí de l’Estopet depuis Alcalà de Xivert. La piste sillonne la pampa (herbes jaunes) et les vergers d’amandiers, de caroubiers, d’oliviers, de vignes et de pins méditerranéens. Ensuite, un sentier mène en quelques minutes au château.

–> A côté : Profitez de la visite du château pour découvrir la commune d’Alcalà de Xivert et son beau clocher détaché de l’église du village.

3- Peñiscola, une ville dans la mer

Le château du pape Luna au sommet de la ville historique. La plus belle vue sur Peniscola et la mer.

 

Forteresse de Peniscola à Castellon

Bout de terre dans la Méditerranée, on surnomme Péñiscola, « la ville dans la mer ». Perchées sur une minuscule péninsule, les maisons blanchies à la chaux ont un charme fou.

Au sommet, surplombant la ville, le château du Pape Luna. Pape d’Avignon, il pris le nom de Benoît XIII lors de son élection en 1394. Pendant le Grand Schisme d’Occident, il se réfugia dans la forteresse de Peñiscola. Ce château templier fut construit sur un ancien palais arabe réputé imprenable. Sa position stratégique sur la côte et les sources d’eau douce trouvées sur le rocher en faisait une position idéale. A côté de la presqu’île, logements résidentiels et hôtels s’étendent dans la zone touristique. Autour, les anciens marais sont aujourd’hui des terres agricoles où l’on cultive le riz par exemple.

–> A faire : Se balader dans les ruelles pittoresques de la vieille ville. Découvrir la vue à 360 degrés sur le quartier historique, les plages de Peñiscola et la mer méditerranée depuis le château du Pape Luna. Manger au resto. Parcourir le parc naturel de la Serra d’Irta juste à côté. Se baigner sur les nombreuses plages et criques au nord et au sud de Peñiscola. 

–> Où dîner : Au restaurant Mandarina pour déjeuner avec vue sur la plage depuis la terrasse en hauteur. Le chef nous a préparé un menu vegan délicieux. Si vous êtes végétariens ou végétaliens, n’hésitez pas à demander si c’est possible. Mais aussi et surtout dans les multiples petits restos du centre historique de Peñiscola dont certains sont en bord de mer. 

–> Où dormir : Si vous aimez les grands hôtels, tout confort avec piscine, choisissez le Grand Hôtel Peñiscola, un établissement 4 étoiles en bord de plage. Sinon préférez les petits hôtels de charme, les Airbnb et tentez de loger dans la vielle ville qui est beaucoup plus jolie. La destination est très touristique, de nombreuses options sont possibles en fonction de vos envies mais pensez à réserver à l’avance.

–> Accès : A 74 km de Castellón. Accès par autoroute Ap 7 sortie 43 ou route N-340.

–> Les moins : Si le centre historique et les plages sont agréables, Peñiscola est une station balnéaire qui affiche complet en été. Par ailleurs, nous étions là-bas au mois de juin, la ville était encore calme et les plages, immenses, peu prisées. On vous conseille donc d’en profiter hors saison. 

4 – Canet lo Roig et les oliviers millénaires de Castellon

Sur la colline, le village de Canet Lo Roig, un œil sur ses oliviers.

Hilari Jaime, producteur d’huile d’olive, passionnant et passionné.

Oliviers de Castellon

Artichauts de Castellon

Olivier millénaire de Canet lo Roig.

A la découverte du vin espagnol dans les caves de l’Estanquer.

Joli bourg perché sur les hauteurs d’une colline, Canet Lo Roig a l’âme authentique des villages ruraux.

Maisons colorées et dédales de ruelles entourées de champs d’oliviers, ici on compte 700 habitants pour 1100 oliviers. Pas de grands propriétaires, dans cette région de Castellon les petits producteurs possèdent la terre.

Une économie de subsistance, pour les gens du coin l’or liquide était tout.

On se servait de l’huile d’olive pour la cuisine, pour se soigner et les mauvaises qualités étaient utilisées pour les lampes à huile. Et c’est cette petite exploitation qui a permit de conserver des arbres majestueux sur lequel le temps passe et laisse des traces. Les oliviers millénaires ont une vie, une histoire. Rien qu’à les contempler, on plonge dans le passé. Leurs troncs torturés rendent leurs silhouettes mystérieuses. Pour lire leur ligne de vie on a foré dans le bois à plusieurs endroits… La norme établie : à 1 m 30 du sol, le tronc doit mesurer 3 m 50 pour être un olivier millénaire.

1000 ans d’existence au moins, une éternité à notre échelle.

Mais tous les domaines n’en sont pas couverts. Les oliviers millénaires sont dispersés ici et là. Ce qui rend leur récolte plus compliquée et couteuse. Cependant, la production de cette huile, l’or liquide, permet de protéger le patrimoine. Il est aujourd’hui interdit de déraciner ces arbres en pays valencien. Mais cette interdiction est arrivée tardivement (2006) laissant libre court à certains de les transplanter dans leur jardin ! Si parfois, les arbres semblent avoir deux ou trois troncs c’est que les oliviers sont économes. Il laissent mourrir certaines parties trop âgées pour que le reste survive. Le centre du tronc finit souvent par disparaitre. Dans toute l’Espagne, c’est pas moins de 262 espèces d’olives qui sont cultivées, dans la communauté valencienne 41 variétés sont produites, à Canet Lo Roig seulement deux sortes sont plantées. La canetera et la farga. Juste à côté de l’ermitage de Sainte Isabelle qui date de l’époque médiévale, nous avons eu la chance de déguster l’huile de Canet Lo Roig. C’est Hilari Jaime, producteur local et Bienve Miralles qui commercialise les huiles des petits producteurs de la coopérative qui nous font la dégustation. Pour goûter l’huile, pas de superflue, le produit seul suffit. Un filet dans un verre et on commence par sentir rapidement le parfum de l’huile. Plusieurs fois si nécessaire mais jamais longtemps. Puis, on porte le verre à la bouche pour déceler les différents arômes. Avec le bout de la langue, on décèle la douceur, dans les joues l’amertume et enfin dans la gorge le piquant. Trois attributs positifs d’une huile d’olive dont il faut trouver l’équilibre. La farga d’oliviers millénaire que l’on déguste est douce, la canetera est beaucoup plus corsée mais toutes deux ont leur caractère. L’huile millénaire coûte plus cher, le double ! Pourtant, dans une même variété, le goût ne diffère pas. Mais acheter de l’huile millénaire, c’est préserver le patrimoine.

–> Acheter de l’huile d’olive : La marque Cannetum regroupe les huiles des producteurs de la région : 20 euros la bouteille millénaire, 10 euros la classique et 8 euros la bio. Plus d’infos : cannetum.com. Pour en acheter sur place et goûter le précieux nectar, s’adresser au Bar Miralles au centre du village de Canet lo Roig. 

–> A faire : Une balade à vélo au cœur des oliviers. De culture, millénaires ou sauvages : voir leurs feuilles danser dans le vent est toujours un spectacle. Location de vélos : 

–> Déguster du vin : A Canet Lo Roig, il n’y a pas que des oliviers, on cultive aussi la vigne. Et c’est Pepe qui nous fait la dégustation dans les caves de l’Estanquer (qui signifie buraliste, l’échoppe familiale qu’il y avait avant). Famille de viticulteurs, le grand-père d’Àngel (actuel gérant des caves et fils de Pepe) produisait déjà du vin. Aujourd’hui, c’est son fils qui tient l’affaire familiale. Du vin blanc, du vin rouge cultivé sous le soleil d’Espagne qui amène vite les raisins à maturation. Il faut vérifier souvent les fruits pour qu’ils ne soient pas trop murs au risque d’obtenir un degré d’alcool plus important. Plus d’infos : L’Estanquer 

–> Louer des vélos : Pour faire la route des oliviers à vélos, vous pouvez en louer chez Cicles Fandos à Vinarós. Plus d’infos : ciclesfandos.com.

5 – Le sanctuaire de Traiguera, lieu de pèlerinage à Castellon

    

En 1384 à Traiguera, l’image de la Vierge apparue à deux bergers. Une chapelle fut alors construite en place et lieu. Bientôt agrandit après l’arrivée de nombreux pèlerins et la visite de personnalités historiques. De style gothique, le bâtiment fut transformé par les bourbons en un ensemble baroque. Le sanctuaire de Nuestra Señora de la Fuente de la Salud de Traiguera comprend une chapelle du XIV ème siècle et sa coupole de 43000 briques, une église édifiée entre le XV ème et le XVIII ème siècle avec des peintures qui datent de 1736. Mais aussi, la Casa dels Capellans bâtit au XVI ème, tout comme la Hospedría et le palais des Ducs de Segorbe ainsi qu’un cloitre jamais terminé et la fameuse fontaine où la vierge apparue, des chambres pour les pèlerins et la suite des Borgia.

Avec ses fenêtres et portes maure, l’ensemble est édifiant.

–> Tarif : Entrée 2 euros/pers. Horaires : Samedi, dimanche et jours fériés : 11h30 – 13h30 / 16h – 19h.

–> Où déjeuner : Le resto de la Casa dels Cappelans. C’est une bonne table où le menu n’est pas cher. En tant que vegans, nous avons demandé à aménager la carte. Si vous prévenez, une option veggie ou végétalienne doit pouvoir se faire. Plus d’infos : casadelscapellans.es

6 – La Ruta dels Molins d’Aigua, la route des moulins de Castellon

Le sentier est bordé de canne à sucre.

Potager et tuteurs en canne à sucre.

Lucena del Cid, la perle de la montagne.

Le long de la rivière de LLucena, un sentier de 11 km suit la route des moulins. La Ruta dels Molins d’Aigua est un ancien chemin commercial utilisé par les bergers de Castellon. Le cours d’eau qui prend naissance dans la face sud du Penyagolosa finit sa course dans la rivière Millars (mijares en castillan).

Une balade bucolique et rafraîchissante au fil de l’eau avec en toile de fond le village de Lucna del Cid.

Au printemps, quand les lauriers rose sont en fleurs, la balade est superbe. Selon les saisons, il est possible de se baigner dans les bassins naturels de la rivière.

–> A faire : Randonner le long du sentier de la Ruta dels Molins d’Aigua. Se baigner dans les piscines naturelles à la Badina ou à Naixrment del Riu Llucena. Traverser le petit pont suspendu au dessus de la rivière. Visiter Lucena del Cid, « la perle de la montagne » d’après les locaux. Une ville, anciennement fortifiée, accrochée aux falaises au dessus de la Badina sur la route CV-190. 

–> Accès : Pour se baigner dans les vasques naturelles à Naixement del Riu Llucena : la piste est fermée aux véhicules mais le passage à pied est autorisé. Pour la randonnée, le chemin des moulins peut se faire depuis le Mas de Hilario jusqu’à la Badina. Une balade facile en se baignant dans les piscines naturelles. Le trajet est possible dans l’autre sens mais ça grimpe un peu ! Distance : 6 km. Trajet linéaire, penser à la distance et au temps aller-retour. 

–> Guides et visites : Pour visiter les environs ou profiter des activités comme la randonnée,  via ferrata, l’escalade, le canyoning, la spéologie, le vtt, le kayak ou autres sports d’aventure avec des guides locaux de Viunatura. Plus d’infos : viunatura.com.

7 –  Dormir dans les montagnes de Castellon

Hôtel El Mangranar à Castellon

Un séjour dans les montagnes, loin du tumulte de la ville. Voilà ce qu’offre l’hôtel rural El Mangranar à Atzeneta. Gérer par une coopérative, cette ferme traditionnelle du Maestrat XVI est loin de tout et c’est tant mieux.

Perdu au milieu d’une forêt de pins, l’hôtel fleure bon les paysages méditerranéens.

La déco est rustique mais l’imposant édifice en pierre a beaucoup de charme. Une grande piscine pour le repos et de belles balades à faire dans les environs.

–> Accès : Route Xodos, km 4 à Atzeneta. Plus d’infos : elmangranar.com

8 – Vistabella del Maestrat, un village de montagne à Castellon

Vistabella del Maestrat est le plus haut village de la communauté de Valencia. A 1200 m, la commune se dresse au dessus des montagnes du massif de Penyagolosa. Anciennement musulmane, elle fut conquit par les chrétiens en 1251.

Un joli bourg d’étape pour les amoureux de la montagne qui souhaitent partir randonner dans le massif de Penyagolosa et profiter des températures plus fraiches des sommets.

L’église de l’Assomption de Nuesta Senora vaut le coup d’œil. De style renaissance, elle fut détruite pendant la guerre. A Vistabella del Maestrat, on cultive des céréales, de délicieuses pommes de terres nourries à l’eau de pluie, des cerises et… la truffe. Pour la truffe d’été, compter 65 euros environ le kg et pour la truffe d’hiver jusqu’à 1000 euros le kg. Tout est cultivé à la Pla, la plaine en français. Une étendue karstique à deux pas de là.

–> Accès : Par la très belle route de montagne CV-170 que l’on emprunte depuis Castellón de la Plana par le CV-10, puis le CV-15.

–> Où manger et boire un café : Au restaurant El Dau, tout près de l’église, on mange une paëlla maison. Là aussi, nous avons demandé une option végétalienne et on nous a gentiment fait une paëlla de légumes. 

–> A faire : La coopérative bio Penyagolosa pour acheter local, le sanctuaire de San Juan de Penyagolosa à 9km et les montagnes de Penyalolosa.

9 – Le parc naturel du Penyagolosa, au cœur de la nature de Castellon

Jose Manuel Edo, notre guide lors de l’ascension du Penyagolosa.

Un peu plus de 1000 hectares, voilà un tout petit territoire préservé d’Espagne. C’est d’ailleurs le plus petit des 8 parcs de la province de Castellon. Protégé depuis 2006, le parc national de Penyagolosa abrite une très grande variété d’espèces végétales. La flore est riche (800 plantes) : pins nains, pins d’Alep, pins noirs ou rouges, pains maritimes, plantes médicinales, érables, chênes, tilleuls, houx, pommiers sauvages, ifs… Côté faune : aigles royales, vautours et autres rapaces, bouquetins d’Espagne, chats sauvages, chèvres, et biches… Le pic du Penyagolosa culmine à 1814 m, c’est le plus haut sommet de Castellón et la deuxième plus plus haute cime de la communauté valencienne (avec une différence de 24 m entre les deux sommets). L’accès par la face nord se fait par un chemin de randonnée. La face sud, elle, est réservée aux alpinistes avec une grande falaise de 300 m.

Depuis Vistabella del Maestrat, la route traverse la Pla, puis file dans la forêt jusqu’au sanctuaire de Sant Joan de Penyagolosa, point de départ de la rando qui mène au sommet du mont. Au fur et à mesure qu’on grimpe, le paysage se fait plus caillouteux, la végétation devient rare, voire quasi inexistante pour finir par disparaitre.

Au sommet, un panorama à couper le souffle avec une vue à 360 ° sur les terres de Castellón et la province d’Aragon qui la jouxte.

Le sanctuaire Sant Joan de Penyagolosa, bâtiment du XIV ème siècle, est un haut lieu de pèlerinage. La route de la « Romeria dels pelegrins de les Useres », chemin processionnaire, part du village de Useres pour atteindre le sanctuaire de Sant Joan de Penyagolosa. 35 km qui se font en silence et dont certaines parties (traversées de village notamment) se font pieds nus.

–> Accès : Depuis Vistabella del Maestart emprunter la route CV-1720, jusqu’à l’embranchement avec la route CV-170. Prendre tout droit, dépasser le restaurant Rostidor l’Alforí et continuer jusqu’au sanctuaire. Garer la voiture et emprunter les sentiers de randonnée.  

–> Temps de marche : Une petite heure pour accéder au sommet. Possibilité de redescendre par le même chemin ou de faire une boucle. Pas de difficultés particulières même si ça grimpe un peu mais il fait vitre très chaud une fois sorti des sous-bois. Emportez chapeau, crème solaire et beaucoup d’eau.

–> A faire : Pour la randonnée ou le pèlerinage qui a lieu chaque dernier vendredi du mois avril depuis le XIV ème siècle. Les pèlerins passent par Les Useres, Lucena del Cid, Xodos et Vistabella del Maestrat jusqu’à l’ermitage de Sant Joan de Penyagolosa soit 35 km. Il est aussi possible de faire le GR 33 qui va de Penyagolosa jusqu’à Castellón de la Plana. Le passage du GR7 qui va du nord de l’Europe jusqu’à Algesira se fait aussi par le Penyagolosa. 

–> Guides et visites : Pour visiter les environs de Vistabella del Maestrat et le Penyagolosa, nous vous conseillons les guides de Gegantur pour des visites culturelles ou en pleine nature. Plus d’infos : gegantur.com

10 – El Desierto de las Palmas, sur la route des ermitages de Castellon

La route des ermitages sillonne le Désert des Palmiers, un parc naturel qui protège 3200 hectares de territoire. Comme un serpent, elle se faufile sur les coteaux du massif montagneux de Castellon.

Pas un grain de sable, ni un palmier…. Le désert de las Palmas est un désert spirituel.

Il ne doit pas son nom à l’aridité de ses paysages mais aux retraites spirituelles des moines carmélites. Ainsi qu’aux palmiers nains qui colonisent les environs. Haut lieu de recueillement des moines, on trouve ici chapelles, églises et couvents en nombre.

Le contraste du grès rouge, de la chaux blanche et de la végétation verdoyante est fort. Le paysage pittoresque.

Pins d’Alep, caroubiers (dont on trouve la plus grande concentration au monde et dont la graine de caroube servit longtemps à peser les diamants car on la pensait d’un poids toujours égal), arbousiers (dont le fruit ressemble à une cerise), pistachiers mais aussi romarin, thym, salspareille… Dans le désert de las Palmas la flore est omniprésente, la végétation est riche et les plantes endémiques ne sont pas rares. Le plus haut sommet du massif est le pic Bartolo avec une altitude de 729. Au creux d’un ravin, les vestiges d’un ancien monastère édifié au XVII ème siècle. Il fut bâtit en 1698 alors que les autres ermitages datent du XVIII ème siècle. Détruit par des inondations, il fut entièrement reconstruit un peu plus haut quelques années plus tard, en 1791. Ce nouvel édifice est aujourd’hui la plus grande propriété religieuse d’Espagne.

Pourtant, on ne peut se résoudre à quitter des yeux les ruines de l’ancien monastère. Attirés par tant d’histoire. Subjugués par l’équilibre précaire. Fascinés par les couleurs. On aimerait figer à jamais l’image. Avant que le temps n’efface cette peinture.

Un regard au loin derrière les montagnes de la Sierra del Desierto, de la Sierra de los Santes et les Agulles de Santa Àgueda, on découvre le littoral. Benicàssim s’étend sur le bord de mer.

–> Accès : Par la route CV-147 depuis Benicàssim.

–> A faire : Un road trip sur la route CV-147 pour parcourir le désert des Palmiers au coucher du soleil et profiter du panorama sur les ermitages, les montagnes et la mer. Un cyclo tour sur le même itinéraire, beaucoup de cyclistes l’empruntent. Voir l’ancien monastère. Visiter l’église, le musée du Monastère des Carmélites et goûter la liqueur des moines carmélites imaginée par un moine botaniste du début du XVIII ème siècle. 

–> Guides et visites : Pour visiter le Desierto de las Palmas, nous vous conseillons les guides de La Sària pour des visites culturelles ou en pleine nature. Plus d’infos : lasaria.com.

11 – Benicàssim, station balnéaire de Castellon

Ancienne ville arabe qui signifie « fils de Qassim », on appelle aussi Benicàssim le « Biarritz de la Méditerranée ».

Benicàssim est la ville d’Espagne pionnière du tourisme.

Située sur le littoral de Castellon, elle attire la bourgeoisie qui dès la fin du XIX ème et le début du XX ème siècle construit de superbes villas de style moderniste et coloniale. 51 villas classées au total et la plus ancienne, la villa Pilar, date de 1860. Aujourd’hui, avec ses 6 km de plages, la station balnéaire de Benicàssim bat son plein.

–> A faire : La « Ruta de las Villas » pour découvrir les villas classées dont 19 sont indiquées entre l’hôtel Voramar et la Torre Sant Vicente. L’église paroissiale Saint Tomás de Villanueva qui date du XVIII ème siècle, la tour de guet de Sant Vicente au centre de la plage et le château médiévale de Montornes. Le FIB, le festival international de Benicassim, un festival de musique pop, rock et électro qui a lieu tout les ans au mois de juillet. Et bien sûr profiter des plages et spots nautiques.

–> La Via Verde del Mar : Pour faire un peu de sport en contemplant le bord de mer, une voie verte relit les villes de Benicàssim et Oropesa del Mar. Tracée sur l’ancienne ligne de chemin de fer, la via verde de 6 km longe la côte. Une belle balade à faire à vélo. Il est même possible de rejoindre Peníscola ensuite.

–> Où manger : Au restaurant Voramar, de l’hôtel du même nom, pour dîner au bord de l’eau. Il y a même un burger vegan. Plus d’infos : voramar.net

–> Où dormir : Pour les amoureux des grands hôtels, à l’hôtel Intur Orange à Benicàssim, un 4 étoiles tout confort. Plus d’infos : hotelinturorange.es. Tout comme Peñiscola, la destination est très touristique et offre toutes sortes de logements mais pensez à réserver à l’avance.

12 – Castellon de la Plana, de la montagne à la plaine

Castellón de la Plana est le chef lieu de la province. La ville, aujourd’hui localisée près du bord de mer, était autrefois située sur la colline de Magdalena. Les habitants quittèrent les montagnes et se déplacèrent en 1252 jusqu’à la plaine. Le château maure de Fadrell est toujours visible sur les hauteurs de la colline ainsi que l’ermitage de Santa Maria Magdalena. L’évènement est encore célébré chaque année lors des fêtes de la Magdalena.

–> Accès : Depuis Valencia, par l’autoroute AP-7 ou la A7 en moins d’une heure.

–> A faire : La place Santa Clara et la Place Mayor, la tour El Fadri symbole de la ville, les églises et musées, le parc de Ribalta, le planétarium et les îles Columbretes (traversée en bateau entre 2h30 et 3h).

13 – A faire également dans la province de Castellon

–> 4 GR à Castellón : le GR-7 (sentier européen E-4 de 209 km) qui traverse la province du nord au sud par l’intérieur, le GR-10 (sentier européen E-7 de 38 km) qui parcourt Castellón d’est en ouest, le GR-33 (le sentier de la pleine lune, lluna plena, de 58 km) qui relit Castellón à Penyagolosa et le GR-36 (transespadà de 65 km) dans le parc national de la Sierra Espadàn. Soit en tout 370 km de sentiers.

–> La Via Augusta : la voie romaine qui reliait la péninsule ibérique à Rome depuis Cadix compte 146 km dans la province de Castellon.

–> Le chemin de Saint Jacques de Compostelle : Il est possible de faire le pélerinage depuis la province de Castellón qui comprend 164 km du parcours pour rejoindre les 885 autres kilomètres.

–> Les parcs : Le parc naturel de la Valltorta, le parc Minier du Maestart, le parc de la Sierra Calderona, le parc de la Tinença de Benifassà, le parc du Prat de Cabanes-Torreblanca. Les îles Columbretes pour la plongée à 30 miles des cotes de Castellon dans une réserve marine, le parc naturel de la Serra Espadán et son bois de chêne liège.

–> A faire également : La rivière des grottes de Sant Josep de Vall d’Uixó qui est la plus longue rivière souterraine navigable d’Europe. Balade en barque, spéléo, peinture rupestre… Le site est très touristique. La tour du roi à Oropesa del Mar, une tour fortifiée construite en 1413 sur ordre du roi de la couronne d’Aragon pour se défendre contre les pirates berbères ou sarrasins. Mais aussi le village ibère du Puig de la Nao à Benicarló, l’arc romain de Cabanes, la chartreuse de Vall de Crist à Altura, le sanctuaire de la Balma à Zorita del Maestrat (un important lieu de pèlerinage depuis le XIV ème, la façade de style Renaissance est encastrée dans la roche), le saut de la Novia à Navajas, Mascarell une enceinte fortifiée, Dinomania à Cinctorres, Saltapins à Morella.

Infos pratiques pour voyager à Castellon :

– Point météo :

Castellon bénéficie d’un climat méditerranéen chaud. Les températures sont douces toute l’année avec des minimas à 11 degrés en hiver et des températures maximales qui peuvent dépasser les 30 degrés l’été.

– Les meilleurs saisons :

Pour profiter des plages et des sports nautiques, la saison estivale est la plus convoitée. Il fait beau, il fait chaud et donc il y a beaucoup de monde. En mai, juin et septembre, octobre, les températures sont agréables (parfaites pour la randonnée sinon partez tôt le matin pour éviter les fortes chaleurs). Les prix peuvent être aussi plus doux, les plages vierges de touristes ou presque et les paysages bucoliques.

– Equipement :

Le maillot de bain est de rigueur. Ce serait dommage de ne pas profiter des grandes plages de Castellon. Crème solaire, chapeau et lunettes de soleil également, il fait vite chaud sur le littoral. Chaussures de randonnée pour les marcheurs. Pour les journées randos ou plages, emportez toujours avec vous de l’eau, quelques fruits secs, barres de céréales ou même un pique-nique.

– Transport :

L’accès à Castellon se fait actuellement depuis la ville de Valencia qui possède un aéroport. Plusieurs compagnies aériennes proposent des vols directs depuis Paris comme Air France par exemple. Bientôt, l’aéroport de Castellon proposera ses vols.

– Hébergement :

La destination, située sur la côte méditerranéenne, est extrêmement touristique. Et en particulier le littoral et les stations balnéaires de la province de Castellon. L’offre d’hébergement est donc très importante. Il y en a pour tous les goûts et à tous les prix. L’arrière pays, moins connu, attire les amoureux de nature. L’offre est moins importante mais elle a plus de charme.

– Langue :

Dans la province de Castellon, on parle le castillan et le valencien, un dialecte catalan.

– En résumé :
  • Durée du séjour : 1 semaine à 10 jours pour découvrir toutes les facettes de la région.
  • Meilleure période : Au printemps et à l’automne.
  • Pourquoi s’y rendre : Pour découvrir une destination entre mer et montagne.
  • A faire absolument : Les oliviers millénaires, le Penyagolosa et la vieille ville de Peñiscola.
  • Les + : Une nature sauvage à deux pas des plages.
  • Les – : Le tourisme de masse

Un grand merci à nos guides lors de ce séjour, et en particulier à Marta, qui nous ont fait découvrir la culture de la province et les plus beaux spots de Castellón : Gegantur (tourisme du Penyagolosa), Viunatura (tourisme d’aventure), Itinerantur (traducteurs de paysage pour découvrir la culture et la nature de Castellón), La Sària (itinéraires culturels, randonnées pédestres et cyclistes).


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Ce voyage est le fruit d’un partenariat avc l’Office du Tourisme de Castellón. Le choix du contenu éditorial de cet article nous revient. 


Photos © Christophe Levet – Violaine Rattin

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