Iles Canaries : 19 choses à faire à La Gomera

El Monteverde, Parque Garajonay, La Gomera

La Gomera, je me souviens de tes falaises abruptes. De ces immenses vallées, taillées au couteau, qui plongent dans l’océan. De tes routes qui sillonnent les flancs de tes montagnes érodées. De ces lacets qui n’en finissent pas d’onduler sur tes coteaux. Je me souviens des rues étroites de tes villages. Des maisons colorées, nichées au fond de tes ravins escarpés. Des champs de bananes et des cultures en terrasses au creux de tes gorges. Je me souviens des figuiers de barbarie qui jonchent tes collines, poursuivant inlassablement leur invasion végétale. Du chant de tes grenouilles, qui abondent dans les réservoirs d’eau, à la nuit tombée. Je me souviens de tes palmiers, immenses, qui poussent dans tes vertigineux barrancos. Et de leur sève douce et sucrée, le miel de palme. Je me souviens de tes plages qui ont trouvé un peu de place entre tes impressionnantes parois rocheuses. Des vagues tumultueuses qui roulent sur tes berges et de l’écume qu’elles laissent sur ton sable noir. Je me souviens de ce vert. Du vert de tes forêts qui tapissent le sommet de ton île et irradient tes terres de leur puissante couleur. Des arbres torturés de ton monteverde. Du lichen et des mousses qui enveloppent leur tronc. Du gazouillement de tes milliers d’oiseaux, que l’on entend mais ne voit jamais. De cette brume qui s’immisce dans tes bois et nappe le paysage d’un parfum de mystère. Des rayons du soleil qui transpercent ton ciel émeraude dans un pur instant de magie. La Gomera, je me souviens de toi comme d’un enchantement.


La Gomera : Des sept îles de l’archipel des Canaries, c’est l’une des deux plus petites. 369 km² de montagnes volcaniques sculptées par l’érosion. Un îlot quasi circulaire où se dessinent des paysages entre ravins et vallées. Une forme de presse-citron au centre de laquelle se dresse le plus haut de ses sommets, el Alto de Garajonay (1487 m) depuis lequel on peut distinguer les îles de La Palma, El Hierro et Tenerife qui la jouxtent.

Peu habitée, La Gomera compte aujourd’hui à peine plus de 20 000 habitants. Colonisée par les Guanches, immigrés d’origine berbère, puis les conquistadors espagnols, en 1492 elle fut la dernière étape de Christophe Colomb avant sa conquête du Nouveau Monde. Après la Seconde Guerre Mondiale, La Gomera fut délaissée par sa population qui s’exile vers l’Amérique Latine et Tenerife qui voit le tourisme se développer dans les années 50 et 60. L’île perd alors la moitié de ses occupants. Ainsi, ses terres ont longtemps été préservé. Protégeant alors ses forêts endémiques. D’une rare beauté, elles sont classées réserve de la biosphère par l’Unesco et constituent la perle de La Gomera. 

Côté faune, peu de mammifères, les rares espèces ont été importé. Reste les oiseaux et les invertébrés qui peuplent l’île en nombre. Les chanceux pourront observer le Lézard Géant de La Gomera, malheureusement en voie de disparition. 

L’autre particularité de l’île c’est sa langue ancienne, el Silbo. Une langue sifflée, encore enseignée à l’école, qui permettait au peuple de communiquer rapidement d’une vallée à l’autre. Le témoignage d’une culture unique.

On ne vient pas à La Gomera pour ses plages, trop peu nombreuses mais pour ses sentiers de randonnée. Des kilomètres de chemins entre mer et montagne à arpenter. De quoi ravir les marcheurs addicts comme occasionnels. Les fous de plongée apprécieront les nombreux spots dédiés et tous auront le souffle coupé devant le spectacle des baleines et dauphins qui naviguent dans les eaux canariennes au large de l’île.

La Gomera, le poumon des îles Canaries, une parenthèse enchantée.


Sommaire – 19 choses à faire et spots à visiter à La Gomera :

  1. Accoster à San Sebastián de La Gomera, le port d’entrée de l’île
  2. GM-2, la route des miradors
  3. Alto de Garajonay, une vue panoramique sur La Gomera
  4. El Jardín de las Creces, promenons-nous dans les bois
  5. El Bosque del Cedro, une plongée au cœur de la forêt
  6. Raso de la Bruma, la forêt enchantée
  7. Vallehermoso, un village typique
  8. Playa de Vallehermoso, voir le bleu de l’océan
  9. Les cultures en terrasses, un travail de titan
  10. Punta de los Órganos, une curiosité géologique
  11. El Silbo, le sifflement des Gomeros
  12. Añaterve, un hôtel de charme pour séjourner à La Gomera
  13. La Fortaleza de Chipude, entre ciel et terre
  14. Les poteries d’el Cercado, un art millénaire
  15. La route des miradors de Valle Gran Rey
  16. Valle Gran Rey : des plages et des baleines
  17. Les paysages arides du sud de l’île
  18. L’aéroport de La Gomera, s’envoyer en l’air au dessus des falaises
  19. Playa de Santiago, les pieds dans l’eau
–> Découvrir la côte est de La Gomera :

1 – Accoster à San Sebastián de La Gomera, le port d’entrée de l’île

Point d’arrivée des ferries venus de Tenerife, San Sebastián de La Gomera est la capitale de l’île. Si vous venez à La Gomera par bateau (ce que l’on vous conseille car le trajet est court, un peu moins d’une heure depuis le port de Los Cristianos à Tenerife), vous observerez d’abord les falaises érodées du bord de mer, puis les maisons colorées de San Sebastián derrière lesquelles se dressent les montagnes acérées mais verdoyantes de La Gomera. Deux plages de sable noir font le bonheur des vacanciers, Playa de la Cuerva et Playa de San Sebastián. Ce ne sont pas les plus belles mais elles font partie des quelques rares où il est possible de se baigner. A La Gomera, les plages sont peu nombreuses, souvent inaccessibles et la baignade peut être parfois dangereuse. Dans les rues du centre-ville, quelques demeures coloniales font les belles. Dans le parque de la Torre del Condé, la « tour du Comte », une forteresse médiévale en pierre du XV ème siècle, est le plus ancien édifice conservé de l’île. On ne voit qu’elle au milieu d’une grande pelouse verte. Elle a été construite à la demande du premier conquistador Hernán Peraza l’Ancien. La ville est un bon point d’arrêt pour faire quelques courses, dîner au restaurant, boire un verre… avant de partir parcourir les routes de La Gomera.

2 – La route des miradors

On quitte San Sebastián et le bord de mer pour atteindre les premières crêtes de l’île par la GM-2. Une route tortueuse qui offre de magnifiques panoramas sur La Gomera. De nombreux miradors (points de vue) permettent d’apprécier les vues sur les montagnes de l’île qui plongent dans l’océan. Depuis les hauteurs, on aperçoit San Sebastián et au loin, l’île de Tenerife à seulement 30 km de là et le volcan Teide. Une halte au mirador el Sombrero donne un bon aperçu de la silhouette effilée des cimes de La Gomera, parsemées de rochers aux formes étranges. Un peu plus loin, au mirador de Los Roques, le plus spectaculaire pic de l’île, un bloc de basalte, domine de profondes vallées. El Roque de Agando est une ancienne cheminée volcanique solidifiée et sculptée par l’érosion. Avec Las Lajas, La Zarcita, Carmona et Ojilla, ils forment un ensemble de cinq monolithes naturels caractéristiques de l’île. A quelques kilomètres de là, au mirador de Tajaqué, le regard se porte sur l’horizon. Tout au bout d’imposants barrancos, des ravins, on contemple la ville de Playa de Santiago au bord de l’eau. La route s’enfonce alors dans le parc national de Garajonay, le trésor vert de La Gomera.

–> Visiter le centre de l’île – Le parc national de Garajonay, la perle de La Gomera :

C’est le joyau de l’île. Une étendue de 40 km² qui couvre 10% de la surface de La Gomera et classée au Patrimoine mondial naturel de l’humanité par l’UNESCO depuis 1986. Un écosystème unique où une forêt préhistorique, véritable fossile vivant, coiffe de ses verts branchages les hauts plateaux de l’île. El Monteverde, cette forêt de lauriers endémiques représente 85% du parc et date de l’ère tertiaire. Identique aux forêts d’Europe ou d’Afrique du Nord il y a des millions d’années, la Laurisilva reste une des rares traces végétales du passé. Des arbres millénaires conservés grâce à l’absence d’éruption volcanique depuis 2 millions d’années et un climat particulièrement favorable à cette végétation. Si les côtes de La Gomera sont plus arides et désertiques, le centre de l’île, situé en altitude entre 800 et 1487 m, est balayé par les alizés. Des vents qui soufflent une mer de nuage, une brume gorgée de vapeur d’eau, véritable pluie horizontale, qui permet à cette jungle subtropicale de conserver ses feuilles toute l’année. Lauriers mais aussi bruyères géantes, mousses, lichens et fougères…au total c’est pas moins de 2000 espèces de plantes dont nombreuses sont endémiques aux Canaries qui sont préservées par cette humidité élevée et des températures chaudes. Le paradis des oiseaux dont le chant envoute les visiteurs.

En 2012, un grand incendie détruisit 10% du parc. Encore aujourd’hui, on distingue les traces de ce feu qui fit rage.

Le parc Garajonay doit son nom à Gara, la princesse d’Agulo et Jonay, le fils du roi de Tenerife. Selon la légende, les deux amants dont l’union était réprimé par leurs parents gagnèrent le sommet de l’île où ils se plantèrent un pieux unique dans le cœur. Vrai ou faux, le parc est une vraie merveille.

Si les quelques routes qui sillonnent le parc donnent une belle esquisse du paysage, le meilleur moyen de l’apprécier c’est la randonnée. Comme dans toute l’île d’ailleurs, puisque 650 km de sentiers balisés parcourent La Gomera du littoral jusqu’au sommet. La plupart sont des anciennes voies de communication auparavant empruntées par les villageois pour rallier les vallées. Utilisés jusque dans les années 70 où le réseau routier s’est beaucoup développé, ils ont participé à la conservation de cet environnement exceptionnel dont la grande majorité reste encore aujourd’hui inaccessible.

3 – Alto de Garajonay, une vue panoramique sur La Gomera

Situé quasiment au milieu de La Gomera, c’est le point le plus élevé de l’île. 1487 m d’altitude qui dominent tout cet îlot vert. Une petite balade facile et familiale à laquelle on accède depuis un parking situé sur la GM-2 dans le parc de Garajonay. Une piste pavée permet de rejoindre le belvédère d’où la vue à 360° sur l’île est exceptionnelle. De là, on peut même observer le plateau de La Fortaleza de Chipude. L’occasion de découvrir La Gomera sous un angle nouveau. Le panorama se prolonge jusqu’à l’océan et l’île de Tenerife avec son imposant volcan Teide ou encore celle de El Hierro et La Palma. Pour vous sentir un peu plus au cœur de la nature, préférez le sentier en parallèle. Et pour les marcheurs aguerris, des itinéraires, plus longs, permettent de rallier différents points de l’île au sommet de celle-ci. Se renseigner auprès du centro de visitantes du parc. –> Alto de Garajonay : 30 min aller – linéaire – accès depuis le parking El Contadero sur la GM-2

4 – El Jardín de las Creces : promenons-nous dans les bois

El Jardín de las Creces doit son nom au fruit comestible d’un des arbres les plus courants du parc. Une heure de marche en sous bois qui donne un bon aperçu des forêts de La Gomera. Une boucle facile, à faire dans les deux sens que l’on atteint depuis le parking de las Creces sur la route principale du parc. –> El Jardín de las Creces : Randonnée n°I – 1h de marche – boucle – accès depuis le parking Las Creces sur la GM-2

5 – El Bosque del Cedro, une plongée au cœur de la forêt

Au pied d’el Alto de Garajonay, de l’autre côté du parking El Contadero, un sentier s’enfonce dans la forêt d’El Cedro du nom d’un cèdre disparu. La descente est raide jusqu’au ruisseau d’El Cedro et les escaliers en bois casse un peu les pattes pendant au moins une heure. La randonnée est plus difficile que les précédentes et l’itinéraire linéaire. Si vous ne souhaitez pas faire la balade en entier, quelques minutes de marche vous donneront déjà une belle idée des forêts de La Gomera. –> El Bosque d’El Cedro : Randonnée n°II – 2h40 aller – linéaire – accès depuis le parking El Contadero sur la GM-2

6 – Raso de la Bruma, la forêt enchantée

C’est notre coup de cœur et on a bien failli le rater ! Nous nous y sommes rendu sur les conseils de Amala, propriétaire de l’hôtel Añaterve où nous avons dormi durant notre séjour à La Gomera. Raso de la Bruma est une petite balade rapide sans aucune difficulté et adaptée à tous. Une heure de marche dans les forêts enchantées de La Gomera. Des arbres immenses, tortueux, recouverts de mousse. Des toiles d’araignées perlées de rosée. Des fougères partout et la brume qui s’engouffre dans les branches rendant le paysage totalement mystique. Un mirador permet même d’observer le village de Vallehermoso et le Teide. De toutes les balades de La Gomera, il y en a sans doute de très belles mais celle-ci est magique ! –> Razo de la Bruma : 1 h de marche – linéaire – accès depuis la GM-2

  • Notre avis : Si l’on a un seul conseil à vous donner avant de vous rendre dans le parc, c’est de guetter la brume. Sans elle, même si les forêts sont superbes, il manque un petit quelque chose ! Lors de notre séjour, elle était plutôt présente le matin.
  • Meilleure période pour randonner dans le parc de Garajonay : de octobre à avril pour éviter les chaleurs estivales. Sinon, préférez les balades en sous-bois
  • Pour qui : Tout le monde. On trouve tous les niveaux de randonnée. Informez-vous avant chaque balade pour connaître les dénivelés et les distances. Certains itinéraires comportent beaucoup d’escaliers.
  • Recommandation : Avant toute randonnée, renseignez-vous auprès du Centro de Visitantes du parc Garajonay, situé au nord de l’île près de Las Rosas, pour obtenir les cartes des sentiers et les infos sur les conditions météo.
  • Il y a deux GR (grande randonnée) à La Gomera, que l’on appelle Gran Recorrido. L’un relit San Sebastián de la Gomera à Vallehermoso et l’autre fait le tour de l’île.
  • Equipement : Chaussures de randonnée et coupe-vent imperméable indispensables
–> Parcourir le nord de l’île :

7 – Vallehermoso, un village typique

Petit village du nord de La Gomera, Vallehermoso est pourtant la municipalité la plus grande de l’île. Rien d’extraordinaire à découvrir ici si ce n’est l’environnement dans lequel il se trouve. Enclavé entre deux vallées et surplombé par l’imposant roque Cano, Vallehermoso a les pieds dans l’océan et touche du bout des doigts la brume qui nappe les montagnes. La route en lacets qui relit le village au parc Garajonay, à deux pas de là, est impressionnante.

8 – Playa de Vallehermoso, voir le bleu de l’océan

Ce n’est sans doute pas la plus belle plage de La Gomera mais on peut s’y baigner assez facilement. Nichée entre les falaises de la vallée, Playa de Vallehermoso est l’une des rares étendues de sable noire accessible de l’île. Et si l’eau est trop agitée, el parque maritimo situé juste au dessus de la plage possède de belles piscines d’eau de mer pour se baigner tranquillement. Car il ne faut pas oublier que La Gomera est située au milieu de l’océan Atlantique. Soyez prudent, les vagues et les courants peuvent être forts. Pour accéder à la plage, on emprunte la petite route qui descend dans la vallée depuis Vallehermoso et traverse les bananeraies qui bordent la parcours.

9 – Les cultures en terrasses, un travail de titan

A voir la géologie de l’île, on comprend vite que l’agriculture fait ici l’objet d’un lourd labeur. Exit les grandes plaines, à La Gomera pour cultiver la terre il faut aux habitants bien du courage. Pour dompter les vallées escarpées de l’île et faire prospérer les terres riches du fond des gorges, les Guanches (premiers habitants de l’île) établir la culture en terrasse (los bancales). Légumes, pommes de terre canariennes et bananes sont cultivés à La Gomera. Les palmiers qui donnent le si bon miel de palme poussent peu importe l’inclinaison des sols.

10 – Punta de los Órganos, une curiosité géologique

Un séjour à La Gomera est aussi l’occasion d’aller admirer les immenses falaises de basalte qui bordent le littoral au nord de Vallehermoso. 80 m de haut sur 175 m de long d’orgues basaltiques. Comme Los Gigantes de Tenerife, Punta de los Órganos n’est visible que depuis un bateau. Ces excursions maritimes sont possibles depuis Valle Gran Rey.

11 – El Silbo, le sifflement des Gomeros

El Silbo, le sifflement en espagnol, est l’une des particularités de La Gomera. Un langue sifflée, inscrite eu patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Un language ancestrale encore enseigné à l’école aujourd’hui. C’était la langue des Guanches, premiers habitants de l’île, émigrés d’origine berbère (les côtes de l’Afrique ne sont qu’à quelques kilomètres des Canaries). Compte tenu du terrain escarpé de l’île et des difficultés pour se déplacer dans certaines régions de La Gomera, le silbo était utilisé pour communiquer rapidement entre deux vallées. Après l’invasion des conquistadors, les bergers espagnols conservèrent ce language aborigène qu’ils adaptèrent au castillan. Durant la guerre d’Espagne, le Silbo fut interdit par les partisans franquistes mais rien n’y fit, les républicains conservèrent ce language. Très utilisé dans les coins isolés, il fait partie de la culture populaire et permet d’exprimer ce qui est publique, qui peut être entendu par tous. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette langue sifflée, qui utilise 2 voyelles et 4 consonnes, possède 4000 mots et a une portée de 10 km en fonction des vents. Si vous avez de la chance, vous pourrez entendre les Gomeros parler le Silbo sur les places des villages comme à Vallehermoso. Sinon, quelques spécialistes du silbo donne de leur souffle dans les restaurants de l’île pour le plus grand plaisir des touristes.

12 – Añaterve, un hôtel de charme pour séjourner à La Gomera

L’hôtel Añaterve, situé dans la commune de Vallehermoso, est un bon point de chute pour visiter La Gomera. Dans le nord de l’île, il n’est qu’à une dizaine de kilomètre du parc de Garajonay. On trouve de nombreux commerces et restaurants dans le village et la plage est au bout de la vallée. Cette ancienne demeure fût bâtit au début des années 1900 par un grand propriétaire terrien pour sa femme. Malheureusement, celle-ci n’aimait pas la maison. Surplombant la ville, cette bodega dont on peut admirer le pressoir d’origine dans la grande salle du restaurant ne servit pas uniquement de Casa de vino. A l’époque de Franco, elle est réquisitionnée par le gouvernement en raison de son emplacement stratégique et devient un poste de la Guardia Civil locale. Elle est alors connue sous le nom de Quartel Antigua. Aujourd’hui, réhabilitée par un couple d’expatriés hollandais installés à La Gomera depuis des années, elle a retrouvé sa splendeur d’antan. Un style authentique et épuré qui met en valeur le patrimoine historique de l’édifice avec une touche de modernité. Le lieu est calme et confortable, idéal pour se reposer après une longue journée de randonnée dans le Monteverde. On peut profiter du jardin, des terrasses et des conseils avisés de Amala et Herman pour vous faire découvrir les plus beaux recoins de l’île et les bons plans à ne pas rater. Le must de l’hôtel, la vue imprenable sur Vallehermoso et la vallée jusqu’à l’océan dont chaque chambre peut profiter. Le lever du soleil depuis l’hôtel est à tomber. L’établissement dispose de 4 chambres et d’un appartement, une ambiance intimiste et conviviale pour un vrai moment de repos. Les prix sont raisonnables. Comptez entre 56 euros et 79 euros selon les chambres et la période de votre séjour. Le petit déjeuner végétarien est très copieux et l’option vegan est possible si vous prévenez les propriétaires. L’hôtel n’est pas facile à trouver et peu d’habitants le connaissent. Pour y accéder, emprunter la Calle Triana depuis la Plaza de la Constitución, puis, plus loin sur la droite, la Calle Tanque. Une fois au sommet, garez votre véhicule et faites les derniers mètres à pieds, le parking est minuscule. –> Hôtel Añaterve : Calle La Rodadera s/n – 38840 Vallehermoso

–> Explorer l’ouest de l’île :

13 – La Fortaleza de Chipude, entre ciel et terre

Pour les premiers habitants de l’île, la Fortaleza de Chipude était considérée comme une montagne sacrée, haut lieu de communication entre la terre et les cieux. Et à voir ce massif tabulaire dominer le paysage, on comprend pourquoi il était considéré comme une forteresse. Des parois verticales, vertigineuses, infranchissables sur 300 m de diamètre et un plateau rocheux circulaire qui culmine à 1243 m d’altitude. Il n’en fallait pas moins pour que l’endroit serve de lieu de culte ou de refuge en cas d’invasion ennemie. Cette montagne magique de La Gomera abrite de nombreuses espèces de plantes endémiques des Canaries. On l’appréciera surtout pour la vue extraordinaire qu’elle offre sur ce territoire insulaire. La randonnée est courte mais difficile et dangereuse. On accède au sommet en quelques minutes après avoir gravit 700 m de dénivelé. La pente est raide et il faut regarder où on met les pieds sinon c’est le vol plané assuré ! Pensez à vous protéger du soleil, il n’y a pas une once d’ombre au sommet. Mais aussi du froid, la brume arrive parfois très vite et recouvre le paysage en quelques secondes rafraichissant rapidement les environs. –> La Fortaleza de Chipude : 30 min aller – linéaire – accès depuis le bord de la route CV-17 à la sortie du village de Chipude, se garer sur le bas-côté et emprunter la Calle de Pavón à pied

14 – Les poteries d’El Cercado, un art millénaire

Tout près de La Fortaleza, à El Cercado on trouve les dernières potières de La Gomera. Une technique ancestrale des Guanches, réalisée par les femmes, sans l’aide d’un tour. Il s’agit d’une poterie en colombins qui est faite avec des boudins de terre locale assemblés, tournés à la main et lissés à l’aide d’une pierre humide, puis cuite au feu de bois à 700 degrés. Quelques rares potières fabriquent encore ces céramiques traditionnelles. A El Cercado, on peut admirer leur savoir-faire et acheter des poteries dans le village.

15 – La route vertigineuse de Valle Gran Rey

Depuis le parc Garajonay et le village d’Arure, la route GM-1 qui mène à Valle Gran Rey offre des vues exceptionnelles sur les barrancos et l’océan. On observe les falaises de La Gomera, les cultures en terrasses, les étendues de palmiers et les habitations traditionnelles. Le panorama est fabuleux depuis les miradors de la Cuerva del Queso et del Palmarejo. Ce dernier ayant été construit par l’artiste César Manrique qui conçut un restaurant panoramique. Si celui-ci est aujourd’hui fermé, on peut facilement accéder à la vue depuis le site.

16 – Valle Gran Rey : des plages et des baleines

Station balnéaire la plus populaire de La Gomera, Valle Gran Rey n’a pourtant rien du visage de la Côte d’Azur. Dans cette commune comme dans toute l’île, le tourisme de masse n’existe pas même si c’est cette partie de La Gomera qui est la plus prisée des vacanciers. La « vallée du grand roi », en hommage au chef Guanche Hupalupa, a donné son nom à la commune mais aussi au barranco au bout duquel la ville se trouve. Un immense ravin qui s’étend depuis Arure jusqu’à l’océan. A faire exclusivement pour les plages de sable fin noir et les excursions maritimes. C’est depuis le Port de Vueltas que les bateaux partent à la découverte des falaises de basalte de Vallehermoso. Ainsi que pour l’observation des baleines et des dauphins visibles toute l’année dans les eaux canariennes. Une période à privilégier toute de même pour l’observation des cétacés, le printemps. On n’a malheureusement pas eu le temps de partir voir les baleines à La Gomera mais on vous conseille de ne pas rater cette occasion unique de découvrir ces animaux superbes dans leur milieu naturel. Un spectacle qui nous avait couper le souffle en Islande.

–> Sillonner le sud de l’île :

17 – Les paysages arides du sud

Dans le sud de l’île, beaucoup plus désertique, la jolie route qui mène à Playa de Santiago depuis le parc Garajonay offre de beaux paysages où agaves, cactus et figuiers de barbarie recouvrent les vallées. De nombreux palmiers endémiques des Canaries tapissent aussi le fond des combes. On trouve plus de 100 000 phoenix canariensis à La Gomera. Si bien que les Gomeros ont choisi d’exploiter sa sève pour en faire un délicieux miel de palme (miel de palma). El guarapo est recueillit en incisant le tronc des palmiers. La récolte est faite de nuit pour éviter l’altération du sirop par le soleil et la chaleur. On vous conseille de goûter, c’est délicieux ! Sur la route, le mirador Ermita de Nuestra Senora del Paso offre une belle vue.

18 – S’envoyer en l’air au dessus des falaises de La Gomera

A l’arrivée sur Playa de Santiago, on aperçoit la piste d’atterrissage de l’unique aéroport de l’île, perché au dessus des falaises. Très impressionnant, surtout quand on le découvre avant d’embarquer pour un vol vers Tenerife.

19 – Playa de Santiago, les pieds dans l’eau

Playa de Santiago, charmante petite station balnéaire avec un port de pêche. Des maisons blanches, les falaises, une jetée pour se promener, la plage, un petit coin tranquille pour séjourner à La Gomera.

Infos pratiques

  • La Gomera possède un aéroport situé au sud de l’île à Playa de Santiago. Celui-ci ne dessert cependant que les vols inter-îles grâce à deux compagnies aériennes qui se partagent le ciel canarien : Canaryfly et Binter Canarias
  • L’île est également accessible en ferry depuis le port de San Sebastián de La Gomera. Deux compagnies maritimes, Fred Olsen et Navieras Armas, affrètent des bateaux depuis le port de Los Cristianos à Tenerife
  • Pour la location de voiture, préférez les agences locales comme Cicar, elles sont bien moins chères. Il y a aussi un bon réseau de bus et pour les aventuriers le stop fonctionne bien sur l’île de La Gomera
  • Pas de route côtière, si vous souhaitez accéder à un côté de l’île il faudra quasiment toujours repasser par le centre de La Gomera dans le parc Garajonay à 1000 m d’altitude. L’île possède un réseau routier en étoile
  • Il y a 1 heure de décalage horaire entre les îles Canaries et la France
  • Retrouvez toutes les informations sur les sentiers de randonnée dans le Centro de Visitantes du parc Garajonay
  • Durée du séjour : Si il est possible d’avoir un aperçu en une journée grâce au ferry en provenance de Tenerife, plusieurs jours sur l’île vous permettront de randonner au cœur des merveilles de La Gomera et une semaine ne sera pas de trop pour découvrir tous les recoins de l’île
  • Meilleure période : La Gomera se visite toute l’année mais c’est au printemps que les paysages, en fleur, sont les plus beaux. On privilégie la période entre octobre et avril pour éviter les grosses chaleurs
  • Climat : Avec une température moyenne de 22 degrés toute l’année, l’île se visite en toute saison. Cependant, il peut y avoir de grandes différences de température entre le bord de mer et ses côtes ensoleillées et le centre de l’île plus montagneux et souvent dans les nuages. Un contraste qui peut aller jusqu’à 15 degrés entre le littoral et les montagnes à partir de 800 m d’altitude
  • Equipement : Des microclimats qui ont une influence sur notre valise. Si l’on oublie pas maillot de bain, lunettes de soleil, chapeau et crème solaire, on met aussi dans son sac une polaire et un coupe-vent de préférence imperméable et des chaussures de randonnée
  • Avantage : Pas de tourisme de masse à La Gomera. Même en haute saison, vous serez tranquille
  • Pourquoi s’y rendre : Pas pour les plages, elles sont peu nombreuses et il n’y a pas de route côtière. Mais pour la randonnée, la plongée, le farniente et l’observation des cétacés
  • A faire absolument : El Parque National de Garajonay
  • Où loger à La Gomera : A l’hôtel Añaterve situé dans le village de Vallehermoso
  • Les + : El Monteverde
  • Les – : 
  • Les spots photos : Raso de la Bruma, Alto de Garajonay
  • Le meilleur moment : Quand la brume se répend dans les forêts de Garajonay
  • –>Et pour plus d’infos, découvrez notre article Visiter les îles Canaries

Photos © Christophe Levet – Violaine Rattin

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