Islande : Hengifoss & Dettifoss

Islande Dettifoss

La veille, c’est dans un épais brouillard islandais que l’on avait découvert les fjords de l’est. Au réveil ce matin là, nous profitons de la douce lueur du soleil qui illumine les paysages montagneux d’Egilsstaðir.

Islande Egilsstadir

Au programme de la journée : Askja. Un complexe volcanique au cœur des Highlands. Accessible uniquement en véhicule 4×4 par des F-roads, des pistes non goudronnées comme on avait pu en parcourir à Landmannalaugar. Entre nids de poule et gros cailloux, le trajet risque de ne pas être de tout repos. Nous sommes le 30 juin et la route vient d’ouvrir il y a seulement quelques jours, elle est fermée tout l’hiver et il est plutôt long en Islande. Si le soleil brille ce matin, la météo ne semble pas très clémente pour le reste de la journée. Plusieurs passages de gués sont à prévoir, nos hôtes nous indiquent le Visitors Center du coin pour prendre quelques infos. Ne négligez pas les conditions météo et l’état des routes, la conduite en Islande peut être très dangereuse. Soyez prudents et prévoyants ! On vous donne quelques conseils pour conduire en Islande dans un article précédent.

Hallormsstadur Islande

Pour l’heure, nous nous rendons à Hallormsstaður, 20 km au sud d’Egilsstaðir. En chemin, la route se borde de sapins. Puis, nous traversons une forêt. C’est l’une des rares d’Islande. L’exploitation du bois, les catastrophes naturelles et le climat ont dévasté les paysages islandais au fil des ans. Si bien que l’on trouve très peu d’arbres sur l’île, bien que le pays ait commencé à replanter depuis les années 50.

Litlanesfoss Islande

Sur la rive nord du lac Lagarfljót, face à Hallormsstaður, nous nous engageons sur un sentier de randonnée qui nous promet d’admirer deux superbes cascades. Et la balade d’une heure trente (aller-retour ) vaut le détour ! C’est tout d’abord la chute d’eau Lítlanesfoss que l’on aperçoit. L’eau dévale la montagne au milieu d’impressionnantes colonnes de basalte.

Islande Hallormsstadur

Plus haut, quelques fleurs viennent ponctuer le paysage de leur tendre couleur rose au milieu des herbes et mousses verdoyantes.

Islande Hengifoss

Puis, c’est le clou du spectacle ! Au milieu d’un cirque, Hengifoss, une chute d’eau de 120 m de haut tombe d’une falaise où se superposent strates rouges, orangées et noires. Le bruit est assourdissant mais le décor est grandiose.

Islande Litlanesfoss et Hengifoss

Sur le chemin du retour, on reste captivé par l’arc en ciel qui se déploie au dessus de Lítlanesfoss les jours de beaux temps.

Islande Askja

A deux pas de là, se trouve le Snæfellsstofa Visitor Center que nous avaient indiqué nos hôtes plus tôt dans la matinée. Nous partons prendre quelques renseignements sur l’état des routes pour Askja. Le personnel, d’une incroyable gentillesse, tente de se renseigner directement auprès du staff présent sur place. Pendant les quelques minutes d’attente, une jeune fille de l’équipe nous indique les meilleurs spots à découvrir sur la route d’Askja et dans le nord de l’Islande. Puis, c’est la douche froide, le couperet tombe, la route n’est pas ouverte jusqu’au camping d’Askja. Il nous faudra marcher dans la neige sur plusieurs kilomètres. Même pas peur, en avant toute !

Islande Askja

Les 4 heures de trajet par la F910 nous apparaissent trop compliqués. Nous décidons de remonter jusqu’à Egilsstaðir pour reprendre la route 1 jusqu’à la F923 qui rejoint plus loin la F910 pour aller à Askja. Nous prenons de l’essence à toutes les stations services. Il faut dire qu’elles sont peu nombreuses en Islande et qu’il faudra faire le trajet jusqu’à Askja, puis rejoindre Mývatn avec un seul plein. Vous ne trouverez aucune station essence à Askja !

Quelques kilomètres après avoir bifurqué sur la F923, des moutons nous barrent la route. On avance, on klaxonne, rien à faire, ils ne comptent pas décamper. Ils lèchent le sol inlassablement et ce n’est pas deux touristes qui vont les déranger. Le sel, qui s’est imprégné sur l’asphalte tout l’hiver, les rend complètement fous. On finira par passer mais comme drogués ils retourneront, aussi vite que l’éclair, se délecter de ce précieux aliment.

Au fur et à mesure, la route est de plus en plus difficile. On avale les kilomètres mais à la vitesse d’un escargot. Le paysage change. Il se fait désertique. Un décor lunaire qui nous fait penser à la route de Kerlingarfjöll que nous avons emprunté quelques jours plus tôt.

Islande Askja

Puis nous apercevons un gué. Pas de quoi s’affoler, il semble peu profond !

Islande Askja

Il ne ferait pas frémir un véritable aventurier mais nous ça nous amuse grandement ! Pourtant, on le sait le pire reste à venir. Nous continuons tant bien que mal sur une route de plus en plus chaotique. Après une bonne heure et demi de piste, nous croisons un couple d’allemands à bord de leur 4×4. Nous en profitons pour les questionner sur l’état de la route. A quelques minutes de là, un immense gué barre le chemin. D’après eux, il fait plus de 45 cm de profondeur et il semble parcouru de nombreux rochers. A tel point qu’ils ont décidé de faire demi tour. Le ciel commence à s’obscurcir et devient menaçant. Il est déjà 16 heures et c’est l’unique véhicule que nous avons croisé. Nous avons encore beaucoup de route devant nous et il faudra finir avec plusieurs kilomètres à pied avant d’arriver au camping. Si il se met à pleuvoir, les gués pourraient être plus importants. Le timing est serré ! Après plusieurs minutes de réflexion, déçus, nous renonçons.

Islande

Nous ne verrons jamais Askja, le lac d’Öskjuvatn, sa couleur laiteuse et le cratère Víti. Nous ne découvrirons jamais ce décor lunaire qui servit de base d’entrainement pour la Nasa avant que Neil Armstrong ne marche sur la Lune. Pas de randonnée pour atteindre le volcan, pas de baignade dans ses eaux soufrées. Tout aussi déprimés que lors de notre road trip en Californie où nous n’avions pas pu visiter Antelope Canyon à cause d’un orage, nous rebroussons chemin. Se jurant, sans faille, qu’un jour nous reviendrons !

Islande

De retour sur la terre ferme, enfin sur le sol goudronné de la route circulaire après un détour de plus de 3 heures, il nous faut trouver une alternative. La journée du lendemain devait être consacrée à l’exploration d’Askja. Après quoi, il faudra nous rendre au lac Mývatn.

Herdubreid Islande

Puisque nous ne pouvons découvrir les volcans, nous irons voir danser les baleines à Húsavík. Nous ne le savons pas encore, mais des moments de grâce comme ceux là, on en a pas tous les jours.

Nous décidons donc de remonter jusqu’à Ásbyrgí, tout au nord de l’Islande, pour être au plus tôt à Húsavík le lendemain. Avant de quitter la route 1, dans un décor dantesque, nous observons Herðubreið, un volcan islandais qui culmine à 1682 m d’altitude.

Islande Dettifoss

Puis, nous nous engageons sur la 864, direction Ásbyrgí. Nous savons qu’il y a plusieurs chutes d’eau à découvrir en chemin.

Islande Dettifoss

La piste est praticable pour les véhicule de tourisme. Pas de gros nids de poule mais la route semble avoir été passé à la dameuse. Du coup, ça vibre dans tous les sens !

Islande Dettifoss

On roule doucement et on fini par arriver Dettifoss vers 19 h. C’est la plus grande cascade d’Europe.

Islande Dettifoss

Une chute d’eau de 44 m de haut sur 100 m de large avec un débit de 200 m³ par seconde. Juste incroyable ! La puissance de l’eau, le vrombissement assourdissant, la bruine qui s’en échappe inondant tout sur son passage… C’est spectaculaire !

Islande Dettifoss Jökulsárgljúfur

Elle fait partie du parc national Jökulsárgljúfur ( aujourd’hui englobé dans le parc du Vatnajökull ) qui tire son nom du canyon Jökulsárgljúfur qui s’étend sur 25 km de long et 500 m de large.

Islande Dettifoss Jökulsárgljúfur

Le parc s’étire sur la rive ouest du fleuve glaciaire Jökulsá á Fjöllum entre Dettifoss et Ásbyrgí. Le fleuve prend sa source depuis le glacier Vatnajökull pour se jeter dans l’océan Arctique. Depuis, les gorges de Jökulsá, on peut observer la cascade de Dettifoss mais aussi Selfoss en amont et Hafragilsfoss en avale que l’on peut admirer, comme sur cette photo, depuis la piste 864.

Islande RaudholarIslande Dettifoss Jökulsárgljúfur

Puis, nous remontons jusqu’à Ásbyrgí pour contourner le canyon et emprunter la piste F862 pour admirer ce dernier depuis l’autre rive. L’occasion de découvrir de jolies points de vue sur les gorges et ses cascades. Mais le temps presse, on visite au pas de course !

Islande Raudholar

D’ailleurs, sans le savoir, depuis la piste F862, nous observons Raudholar. Un mont rouge qui doit sa belle couleur à l’oxyde de fer contenu dans la roche.

Islande Hljodaklettar Kirkjan

Nous arrivons à Hljóðakletter. Un lieu unique sur le fleuve Jökulsá á Fjöllum où les orgues basaltiques donnent des allures mystiques au paysage. Il est 22 h quand nous découvrons Kirkjan. Une grotte qui tient son nom de sa forme, une voûte rappelant celle d’une église. Par chance à cette période de l’année, le soleil ne se couche quasiment pas. L’idéal pour les visites nocturnes !

Hljodaklettar IslandeHljodaklettar Islande

Pour s’y rendre, nous parcourons un petit sentier, dans une atmosphère bucolique. Bouleaux et violettes bordent le chemin qui mène aux édifices volcaniques.

Hljodaklettar Islande

C’est le lent refroidissement de la lave basaltique qui crée des colonnes de basalte et donne aux paysages des formes incroyables. Ici elle semble donner vie à une tête de rhinocéros, là ce sont des trolls qui, comme pétrifiés par la matière en fusion, se seraient figés pour l’éternité. Chacun peut laisser libre court à son imagination et voir dans ces géants de lave solidifier ce qui lui plait.

Islande Hljodaklettar KirkjanHljodaklettar Islande

Il est 23h30 quand nous rejoignons le camping d’Ásbyrgi, une prairie verdoyante  au pied d’un canyon en forme de fer à cheval. Ce n’est pas le Horseshoe Bend de Page mais le canyon d’Ásbyrgi au nord de Jökulsárgljúfur fait son effet. Si la légende veut que ce soit l’emprunte d’un sabot de Sleipnir, le cheval à huit pattes du dieu Odin dans la mythologie nordique, qui ait creusé ce canyon. Il semblerait que ce soit plutôt l’éruption du volcan Grímsvötn sous le glacier Vatnajökull qui aurait provoqué la fonte des glaces, entrainant une coulée d’eau gigantesque qui aurait creusé le canyon. Il est temps de dormir, demain nous irons voir les baleines !

Photos © Christophe Levet & Violaine Rattin

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